Coule la vie…

Hier, c’était la journée parfaite pour une randonnée raquettes en forêt. Il ne faisait que -14 C et le ciel était d’un magnifique bleu. Seule en forêt, je savourais cette connexion avec la nature. La seule ombre au tableau était le  » crunch crunch  » intense que faisaient mes raquettes sur la neige folle recouvrant une croûte de glace créée par les trop nombreuses pluies des dernières semaines. Personne n’était passé sur le sentier depuis un bout de temps, en raison justement d’une météo peu favorable à la raquette. Avec le son indiscret que faisaient chacun de mes pas, je savais que je n’aurais pas la chance de rencontrer de chevreuil ou autre animal. Une des choses que j’apprécie de l’hiver, c’est qu’il est possible d’identifier facilement les activités des habitants de la forêt grâce aux traces laissées sur la neige. J’adore cela! J’essaie de les reconnaître, mais cela n’est pas toujours facile.

La nature est époustouflante de beauté.

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L’avantage lorsqu’il ne fait pas trop froid, c’est qu’on peut s’arrêter à volonté afin d’apprécier le calme et la vue. Ressentir et sentir. Ma vie prend tout son sens en nature. C’est d’ailleurs pour cela que j’y vis depuis bientôt deux ans. Je me sens encore extra-terrestre, mais ici, j’ai moins l’impression d’être sur la mauvaise planète. En vérité, ce n’est pas la planète qui m’est étrangère, mais ce qu’on en fait, ce qu’on lui fait subir. Je pense que les dirigeants d’entreprises ordonnant des massacres à la terre, à l’eau, à la forêt ne pourraient prendre de telles décisions, si au lieu de travailler dans des tours bétonnées, ils vivaient en nature.

À ce propos, un ami d’outremer célébrait hier son anniversaire et il me disait qu’il s’ennuie de sa planète d’extra-terrestre, parce qu’ici, il s’emmerde comme le font bien des gens qui ne se reconnaissent pas dans tout ce qui se passe mondialement. Des horreurs, il y en a plus qu’on ne peut l’imaginer, c’est évident, mais nous avons aussi le choix de vivre autrement et de cesser de nous alimenter de ce qui nous donne envie de changer de planète, justement. Nous sommes venus au monde pour vivre une grande expérience, alors nous devons faire de celle-ci un souvenir mémorable. Évidemment, cela passe souvent par une redéfinition de nos choix, mais qui a dit que nous ne pouvions pas changer?

Ce n’est toutefois pas silencieux en forêt, car la rivière sait se faire remarquer. Malgré le froid, malgré la glace, elle suit son cours. Les saisons en font une oeuvre d’art en constant changement. Je ne me lasse pas de m’en émerveiller. Elle est source de vie, de notre vie d’ailleurs!

Je vous ai fait une petite vidéo pour vous partager cette splendeur hivernale. Vous remarquerez à la toute fin du visionnement la présence de celui que je nomme mon grand sage. C’est un arbre. Je crois que c’est un chêne, bien que je ne sois pas particulièrement connaissance en identification d’arbres. (On me dit que ce serait un pin.) Il est immense, immuable et très haut. Il faut être trois pour en faire le tour en étirant les bras. À chacune de mes balades en forêt, je vais l’entourer de mes bras et lui parler. Quand je suis arrivée à lui hier, j’ai vu des traces fraîches dans la neige venant de l’autre côté et celles-ci bifurquaient du sentier pour aller… sur l’arbre pour le câliner très probablement! Vous voyez bien qu’il existe d’autres extra-terrestres sur cette terre! Il suffit d’aller là où il y a de la vie… de la vraie vie.

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Quand la nature nous montre la voie

L’eau est essentielle à notre équilibre. Nous en sommes composés en majorité et sans elle, nous sommes perdus. L’eau est la vie. C’est un besoin essentiel. Sans eau, nous n’existerions pas. Elle possède un langage et grâce à elle, toutes les cellules de notre corps communiquent entre elles. N’est-ce pas merveilleux?

Récemment, avec les nombreuses inondations, nous avons également constaté que l’eau est puissance et force. Elle peut nous montrer très rapidement que nous ne contrôlons rien. Composante essentielle de la nature, l’eau exprime à sa façon son raz-le-bol des traitements que nous infligeons à notre planète. En s’étirant dans son lit tout simplement, ce sont des milliers de vies humaines qui sont chamboulées. Des maisons qui n’étaient même pas au bord de l’eau furent envahies. L’eau tombant du ciel en abondance sculpte la terre et des routes d’asphalte s’effondrent, la nature reprenant ainsi ses droits. Nous trouvons cela terrible de voir les ravages causés par les inondations, mais si nous prenons un peu de recul, je pense que nous pouvons voir que ces débordements apportent également leur lot de réflexions et de prises de conscience.

Dans la région où j’habite, nous avons vu des gens, qui habituellement vivent sans se préoccuper de leurs voisins, se mettre à aider des inconnus. Les nombreuses manifestations de solidarité et d’entraide nous amènent à constater que face aux épreuves, les gens s’unissent naturellement, comme ces petits poissons dans les océans qui ne voyagent qu’en formant un banc afin de faire face aux prédateurs. Même les différents parties politiques ont mis de côté leur esprit de contradiction pour travailler ensemble. L’Homme doit-il se sentir menacé pour ouvrir ses yeux et son cœur?

J’entendais à la radio des journalistes dire que des gens luttaient pour conserver ce qu’ils ont de plus précieux, en parlant de leurs biens. Est-ce vraiment ce qu’ils ont de plus précieux? Ceux qui ont lutté contre le courant pendant des jours, avant de capituler face à l’inévitable, ne se demandent-ils pas au bout du compte si leur vie n’est pas plus précieuse que ces biens qu’ils tentaient de sauver presque au prix de leur vie?

Nos climats sont bouleversés et menacent nos certitudes et nos modes de vie. Des insectes et des virus se réveillent, se déplacent aussi avec les changements climatiques, apportant avec eux des maladies que nous ne sommes pas prêts à combattre. La terre tremble de partout. Nos océans crachent du plastique et de la radioactivité que mangent les animaux et poissons, que nous mangeons à notre tour. Nos corps réagissent aux aliments modifiés génétiquement. Jamais nous n’avons eu aussi peu de certitudes face à l’avenir qu’en ce moment. Pourtant, au travers de tout cela, la vie nous donne une leçon extraordinaire en nous obligeant à focaliser sur le moment présent et à réfléchir sur nos comportements. À partir de quand l’humain décide-t-il de changer? Généralement, quand ça commence à faire vraiment mal… malheureusement! Combien de gens n’ont cessé de fumer que lorsqu’ils se sont mis à tousser leurs entrailles? Alors à ceux qui voient cette période comme une fatalité, je suggère de changer de lunettes pour voir que nous ne vivons pas ceci sans raison. Évidemment que les choses doivent changer, mais pour y arriver, il faut prendre conscience de l’urgence de passer à l’action.

Je vis au bord d’une rivière qui hurle et fonce avec détermination à force de ne pas être entendue par l’Homme. Lorsque son niveau fut maximal, j’ai vu des arbres devenir rouge sang sous l’eau! C’était saisissant!

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L’eau nous enseigne à lâcher prise, à suivre notre courant intérieur. C’est spectaculaire de voir les flots tout arracher sur leur passage, mais c’est également très apaisant. Nous sommes cette eau… Des millions de gouttes s’unissent pour former ces puissants flots, pourtant une seule goutte est bien inoffensive! Si nous nous unissons afin de trouver des solutions, nous serons, à l’image de la rivière, puissants et percutants. Nous avons le pouvoir de créer le monde de demain que nous souhaitons avoir.

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Vidéo

Légende des créatures vivant sous l’eau

Voici une courte vidéo d’une partie de la fable qu’on retrouve en préface de l’excellent livre de Richard Bach intitulé « Illusions ». C’est une métaphore évidemment, mais c’en est une excellente. Le texte (en anglais seulement, désolée) est lu par l’auteur.

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