Les adieux de 2019

Nous voici rendus à la dernière journée de 2019. Nous tentons toujours d’essayer de qualifier l’année qui se termine, allant d’année de merde à formidable. Comme bien d’autres, je me suis souvent enthousiasmée de voir arriver une nouvelle année, avec l’espérance que celle-ci sera plus clémente, moins ceci, moins cela. Tournons vite la page sur une année prometteuse de toutes les possibilités, sommes-nous tentés de dire.

Cela m’amène à vous parler de ce bruant hudsonien qui s’est fracassé sur l’une des fenêtres de la maison. Il s’est retrouvé à suffoquer, le tête enfoncée dans le neige, trop sonné pour s’en extirper. Je l’ai sorti de là et déposé sur une tablette devant mon entrée. Pendant que je suis rentrée, en quête d’une petite boîte et d’un morceau de tissu doux pour le garder au chaud à l’intérieur, à l’abri de mes chats, pendant qu’il reprendrait ses esprits, ma fille a retiré la neige qui recouvrait ses fines plumes et elle le caressait doucement. Puis, quand je suis ressortie avec ma boîte, il a prit son envol. Il s’est posé un bon moment sur une branche, puis à notre grand bonheur, il est reparti apparemment rétablie. Tous n’ont pas cette chance et se brisent souvent le cou sur la fenêtre.

Malgré les épreuves, malgré la situation planétaire, je me réjouis d’avoir pu vivre l’année qui s’achève. Tous n’ont pas eu ce privilège! Nous sommes ici sur Terre pour vivre des expériences et cheminer, alors à ce titre toutes les années s’équivalent. Comme le petit bruant, nous avons la chance d’être en vie et de pouvoir savourer chaque seconde.

Être en vie pour admirer ce qui reste de la nature.

Pouvoir observer les animaux et découvrir des pistes de renards sur la neige au matin.

Danser sous le soleil.

Savourer un fruit fraîchement cueilli.

Croiser un sourire.

Sentir le vent sur mes joues.

Écouter le chant des oiseaux et le hurlement des coyotes.

Entendre la voix de ceux que j’aime et ressentir leur énergie caractéristique.

Ressentir et entendre mon univers intérieur.

Chanter à tue-tête en conduisant mon auto.

Saluer en souriant des gens que je ne connais pas.

Admirer mes chats s’abandonner sur moi en ronronnant.

Créer, écrire, lire, rêver.

Et surtout aimer. M’aimer moi, aimer la vie, aimer toute vie, aimer les 4 saisons en appréciant leurs contrastes et différences, aimer le changement, aimer le silence tout comme la musique, aimer mon corps qui se transforme avec les années, aimer changer, aimer aimer.

Je vous rassure, je ne suis pas malade et je ne crois pas que nous devions attendre non plus que nos proches le soient pour apprécier leur compagnie.

Que vous soyez jeune ou vieux, que vous soyez en santé ou malade, que vous soyez seul.e ou en couple, que vous ayez ou non des enfants, je vous souhaite pour 2020 de prendre le temps (car nous avons toujours ce choix, quoiqu’on en pense) d’aimer la vie et d’apprendre à savourer toute chose et toute personne, comme lorsqu’on vient de traverser avec brio une grosse épreuve dont nous ne savions pas si nous en sortirions.

Je vous souhaite aussi de ne pas laisser la technologie happer votre temps.

Photo de Lisa Vanderhoop

C’est ça que je vous souhaite cette année.

Avec tout mon amour,

Toutarmonie

Photo de Geart Weggen

50 nuances d’automne

Pas de tirs de chasseurs ce weekend, c’est le bonheur! Non, mais ce n’est pas vrai! En écrivant ceci, alors que le soleil s’éteint au loin, une rafale de tirs retentit. Ça ne finira donc jamais…

Les couleurs automnales sont époustouflantes en ce moment en Outaouais. Si on ne prend que les feuilles des vinaigriers, selon leur situation sur le terrain, j’en ai des jaunes, des rouges ou des oranges fluos. Fascinant! Le long des routes ou autoroutes, c’est comme si un peintre avait généreusement coloré le paysage avec des dégradés étonnants et des contrastes saisissants. En allant vers Montréal vendredi, je devais faire des efforts pour garder mon attention sur la route, tant le spectacle des couleurs était flamboyant. Certains arbres donnent l’impression d’être en feu tellement ils sont orangés. Le moment était tout désigné pour aller courtiser la nature aujourd’hui.

Vous pensiez être à cours de « Wow » lorsque le coucher de soleil devient aussi spectaculaire que les humeurs automnales des arbres. La lumière de fin de journée orangée, projetée sur les arbres, vient mettre en surbrillance le tout. Aucune photo n’arrive à vraiment rendre l’éclat de ces teintes. Ajoutez à cela qu’il n’y a plus de moustiques, que la température est très confortable et que le vent transporte avec lui un très délicieux mélange de foin d’odeur, de feuilles mortes qui crissent sous les pieds et de terre et de roches humides. Bien tentant de s’y arrêter pour écrire.

Je me repose depuis 3 jours, alors demain, jour de l’Action de grâce, ce sera le grand lavage des fenêtres avant que n’arrive l’hiver, afin de rendre grâce au quotidien en admirant, au travers de vitres propres, cette nature si vivante!

Voici quelques-unes de mes photos.

Toutarmonie

Galerie

Vivre avec la nature

 

Je vous partage aujourd’hui des petites parcelles de mon coin de pays. Ce sont les endroits où je m’énergise à vélo. Tout au long de mes randonnées, je ne cesse de remercier la vie de m’entourer de paysages aussi formidables. Les odeurs sont aussi extraordinaires que les panoramas. Tantôt une odeur de forêt, tantôt une odeur marine, ou bien de foin coupé, de pollen ou des arbres en fleurs. Les sons à eux seuls peuvent apaiser. Un concert d’oiseaux, d’insectes, de ouaouarons et de grenouilles… parfois un « plouk » quand une tortue, un castor, une loutre, un rat musqué plongent. Je ne manque pas d’apporter avec moi mes jumelles afin de pouvoir apprécier toutes les subtilités de mes rencontres animalières. La photos d’un trou avec des trucs blancs tout autour, c’est un nid de tortues serpentines qui fut pillé par un animal. Le petit crapaud, c’est Thierry, le petit gardien de mon jardin.

Je dédie ces images de nature à Aphadolie qui vit en banlieue parisienne et pense avec nostalgie à son voyage au Canada

 

Toutarmonie

Rayonner au milieu de nulle part

Un grand héron passe dans le ciel alors que je commence à vous écrire et qu’un geai bleu trempé me regarde par la fenêtre de côté. Il pleut et il en sera ainsi presque toute la journée. Un dimanche qui incite à la détente, ce que je ne manque pas de faire avec un certain délice.

tamiasouslapluieMaintenant un tamia me courtise en espérant que j’aurai quelque chose pour lui. La vie continue, pluie ou pas. Les plantes se gorgent d’eau et les vers de terre sortent sans se méfier des merles qui n’attendent que cela pour s’en délecter. Le cycle de la vie. Je peux passer des heures en oubliant la notion du temps qui passe, à simplement admirer la nature. Rien n’est plus apaisant!

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Diriez-vous comme moi que c’est une femelle?

La pluie, l’eau, c’est la vie. Ce n’est pas triste. Partant du principe que l’eau est programmable et possède un langage (voir les formidables découvertes de Masaru Emoto), nous devrions nous réjouir des jours de pluie. Masaru Emoto a démontré que l’eau vers laquelle nous avions des pensées ou des mots d’amour et positifs se transformait en merveilleux cristaux, alors qu’à l’opposé, l’eau qui avait reçu des vibrations négatives, des messages de haine, ne cristallisait pas ou de manière non harmonieuse. Imaginez l’effet de toutes ces pensées négatives quand il se met à pleuvoir  et que des milliers de gens disent « Ah non, pas de la pluie! ». Ne serait-il pas merveilleux que nous développions le réflexe d’accueillir la pluie avec bonheur et respect? Merci pluie, apaise-nous et aide ce monde à ralentir la cadence! C’est ce que je me disais avant de venir vous écrire.

jungle verte

Ceci est la vue que j’ai en ce moment. Les feuilles ne poussent que depuis peu de temps. Il a fait froid (ce qui est toujours le cas) rendant le printemps tardif au Québec. C’est en admirant tout ce vert, toute cette vie nouvelle que je me demandais comment feront les jeunes pour qui tout ne va jamais assez vite et se limite à un écran tactile, pour connecter avec cette nature? Être seule en nature, ce n’est pas de la solitude. Chaque plant, chaque arbre et vivant explose de vie et cet ensemble communique à chaque instant. Le temps disparaît et je plonge dans cet univers qui relie toute chose. Du bonheur! Cela m’émeut aussi beaucoup. Une maman oiseau couve ses œufs dans une cavité de mon porche. Une fin d’après-midi, il y a une semaine, j’ai trouvé petit œuf éclaté sur mon balcon, le jaune tristement étalé. Fort heureusement, le drame n’aura pas été total puisqu’elle couve toujours dans son nid. Vendredi, à mon arrivée, un peu plus loin, j’ai découvert ces plumes aux pointes bleues, caractéristiques du geai bleu. Je ne connais pas la fin de cette histoire-là, puisque je n’ai trouvé que ceci, mais dans la nature, il se passe beaucoup de choses:

plumes-geai-bleu

Je cultive un jardin. c’est la première année que je le fais avec mes propres semis. J’ai enfin pris le temps. Hey oui! Que cela est excitant! Chaque nouvelle pousse est un miracle pour moi! De la magie d’Harry Potter! Je n’ai pas encore transplanté celles-ci dehors, car les nuits sont encore trop fraîches, mais j’entends des commentaires sur un de mes réseaux Facebook du genre « la marmotte a mangé tous mes plants de calendule! » Puis suivent des commentaires sur les nuisances des jardins.

Pensez-y, la marmotte vit dehors. Son épicerie est la nature. Cela est vrai pour tous les animaux et insectes qui se nourrissent dans les jardins. Je peux comprendre la déception de voir ses récoltes ravagées, mais en même temps, qui est la vraie nuisance? La marmotte ou l’humain qui détruit tout et transforme l’équilibre précaire de la nature?

Les Hommes sont prêts à donner des carottes à un chevreuil dans un parc, mais n’acceptent pas qu’un animal vienne manger ses carottes dans son jardin! On ne contrôle pas la nature et ne devrions pas essayer de le faire. Partageons! Nous nous émouvons d’une bande dessinée dont le personnage principale est une petite souris persécutée, mais nous oublions que dans la réalité, des drames pires surviennent parmi les animaux. D’ailleurs rien que d’évoluer dans notre monde est une menace pour eux. Combien d’animaux morts croisons-nous au bord des routes?

Je lisais que certaines espèces d’arbres communiquent entre eux afin de fleurir en même temps pour favoriser la reproduction! La nature est harmonie. elle grouille de vie et d’énergie. Nous avons tant à apprendre d’elle!

Lors de sa dernière visite, ma fille m’a gentiment apporté les 7 premières saison de Games of Throne (Trône de fer). Je ne les avais pas vu et j’étais curieuse. Naïvement, je me disais qu’une série aussi populaire devait bien avoir quelque chose d’intéressant! Oh la la… désolée si vous êtes fans de GOT, mais ce n’est que violence, vengeance et horreurs! Des personnages dont la méchanceté d’un personnage rivalise avec celle d’un autre d’une saison à l’autre! La technologie aidant, les scènes d’horreur sont d’un réalisme écœurant. Des mains, des bras, un pénis coupés, des têtes tranchées. J’en suis à la saison 4, en me disant chaque fois qu’il va bien finir par y avoir quelque chose de bien, mais non! Ça me dégoûte de plus en plus. Ce n’est que destruction et violence gratuite afin d’atteindre le pouvoir. Je ne cesse de me demander ce qui fascine tant de gens. Est-ce à cause de la nudité omniprésente que cette série remporte un tel succès? J’aimerais le croire, mais je pense que la violence est réellement devenue un divertissement et nous nous étonnons après cela de la violence dans nos rues, dans nos écoles, dans nos quotidiens!

Il y a 7 semaines, mon père, avec qui je n’étais plus en contact depuis plusieurs années, s’est jeté du haut de son balcon situé au 7e étage. Mort violente. Monde violent. Mal de vivre dans un monde de souffrances. Il s’accrochait à des choses et des gens superficiels, ainsi qu’à l’argent et préférait en finir avec sa vie plutôt que de changer et perdre ses possessions. Dépression, certes, mais avez-vous remarqué que les maladies mentales sont très présentes? Comment pourrait-il en être autrement dans ce monde où tout est conçu pour déconnecter l’Homme de sa vraie nature? Et dans ce monde violent, comment retrouver le goût de vire quand on se nourrit de séries telles que GOT? Je dis GOT, mais franchement, rares sont les séries ou films qui nous transportent et nous rendent lumineux! C’est à se demander s’il n’y a pas un concours pour déterminer qui produira la série et/ou le film le plus dégueux!

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Dimanche dernier, j’ai rencontré une amie d’enfance. Cela faisait 2 ans que nous ne nous étions pas revues. Évidemment, je lui ai raconté pour le suicide de mon père. Elle me disait presque en s’excusant qu’elle, elle avait une petite vie tranquille et qu’elle était heureuse. C’est que c’est ça, la vie! Prendre le temps de vivre, apprécier ce que l’on a, cheminer et rayonner tout simplement. D’ailleurs la vie le lui rend bien, car elle vieillit en beauté. Ce fut un bonheur de la retrouver.

Vivre, c’est comme cette fleur rose au début de cette publication. C’est rayonner même si rien ne nous ressemble, rayonner parce que nous nous connectons à la nature, à la vie, à ce qui vaut la peine d’avancer et de cheminer. La vie attire la vie. Le contraire est aussi vrai.

Je vous transmet tout mon amour.

Je vous laisse pour aller profiter du soleil qui vient de montrer le bout de son nez.

Toutarmonie

Vous connaissez Rob J. Greenfield?

J’ai envie de vous partager une publication récente de Rob J Greenfield. Je l’ai traduite pour vous, mais vous trouverez tous les liens pour en lire plus sur cet homme inspirant. Allez explorer un de ces liens plus bas. Vous serez épatés de l’extraordinaire influence qu’à cet homme en vivant simplement. Comme il vit simplement, il passe son temps à profiter de la vie, mais aussi à aider les autres et à partager ses découvertes. Vous le voyez ici entouré de tout ce qu’il possède.

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Publié le 7 février 2019 sur son compte Instagram

Notre quête de biens matériels consiste souvent à remplir un espace en nous. Une envie de s’intégrer. Une envie d’appartenir à quelque chose. Un désir d’être aimé, admiré ou respecté. Sentir que c’est assez.

Cela peut fonctionner temporairement. Nous pouvons ressentir une certaine reconnaissance, un commentaire, un effet de surexcitation lorsque nous aurons quelque chose de nouveau. Mais ça ne durera jamais, quand c’est basé sur des possessions matérielles. C’est une leçon qui a été apprise un milliard de fois.

Cependant, si nous pouvons apprendre à trouver de la joie dans ce qui est abondamment disponible pour nous tous, alors nous pourrons trouver une joie durable. Nous pouvons éprouver ainsi un profond sentiment d’appartenance, de complétude ayant du sens. La Terre nous fournit ce dont nous avons besoin pour exister d’une manière profondément épanouissante. Si nous pouvons apprendre à apprécier le sol qui se trouve sous nos pas, à admirer le ciel au-dessus de nous, à trouver de la joie dans l’air sur notre peau, à apprécier l’odeur de fleurs s’épanouissant ou de la terre humide, à nous émerveiller des créatures les plus communes, alors nous pouvons raisonnablement espérer à une existence satisfaisante à long terme.

Tous les moments ne se dérouleront pas tous dans une rivière d’une beauté époustouflante. Mais la beauté est présente à chaque instant de notre existence. Il est clair que notre existence dépend autant de notre perception que de notre environnement physique. Même dans une ville sombre, par temps nuageux, les plantes vertes éclatantes percent le béton ou une goutte de pluie tombe miraculeusement sur nos nez ou un flocon de neige virevolte au sol.

C’est pourquoi je n’éprouve pas le besoin de posséder de grosses sommes d’argent. C’est pourquoi je peux me satisfaire en ne possédant que le minimum. Parce que je suis déjà plein. La terre me remplit de ce dont j’ai besoin à chacune de mes respirations et à chaque battement de cils. Évidemment, je ne me sens pas joyeux tout le temps. Loin de là. Et parfois, je veux ce dont je n’ai pas besoin. Je cherche encore à être rassuré, mais grâce à mon parcours durant la dernière décennie, jour après jour, mois après mois, année après année, je suis devenu plus complet en laissant le monde me compléter. Je n’irai jamais aussi loin que je le souhaiterais, mais si je peux constamment regarder en arrière et constater que je suis légèrement plus avancé qu’auparavant, alors j’aurai vécu une vie qui vaut vraiment la peine d’être vécue.

Rob J Greenfield

Vous pouvez lire le texte original anglais sur son compte Instagram: https://www.instagram.com/p/BtjjyAQgGKD/

Son site web: http://robgreenfield.tv/

Sa chaîne YouTube: https://www.youtube.com/channel/UCKirXBZV7hE4Fws3VSdYkRQ

Sa page Facebook: https://www.facebook.com/RobGreenfield

par Toutarmonie

Le hamac

Je vous partage aujourd’hui un texte que j’ai écrit, il y a un an pour un concours de récit. C’est la première fois que je le partage publiquement. J’y raconte ce que je vivais, il y a trois ans. Moment émouvant que je n’oublierai jamais. Je vis ailleurs depuis l’été dernier, toujours en nature, mais encore aujourd’hui, je repense souvent à ses arbres qui m’honoraient de leurs présences, avec une profonde émotion, car ils vivent toujours en moi. Leur empreinte est gravée en moi.

Le hamac

« Tiiiii tiiiii tiiiii tiiiii tiiiii! » Je cherche des yeux la provenance du petit cri répétitif. Entre deux branches, un tamia m’exprime nerveusement la crainte que lui inspire ma présence sur son territoire. La brise légère transporte les effluves humides de la forêt environnante. Suspendue entre deux chênes, au-dessus d’une berge rocheuse, j’inspire et expire en profondeur, question de signifier à mon corps qu’il peut s’abandonner enfin. L’omniprésent murmure de l’eau ruisselant entre les roches me rappelle le ronronnement de mon chat. Je remue mes orteils nus à l’autre bout du hamac en souriant. La couleur de la fine toile me rappelle le lagon de Bora-Bora. Des cris d’oiseaux fusent ici et là. Allongée, je me laisse bercer par cette nature apaisante. La cime des arbres ondule de gauche à droite dans un mouvement hypnotique.

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Une boule se forme dans ma gorge, mes yeux picotent. Je les ferme. Mon bonheur coule sur mes joues et je me surprends à répéter trois fois merci en silence. Un sentiment de liberté généralement associé aux vacances m’habite, pourtant je n’aurai droit à aucune vacance cet été! Où que mon regard se pose n’est que beauté et nature, réalité que je devrai apprivoiser, car je suis ici chez moi.

Un bref instant, je culpabilise de me sentir si bien, seule, loin de ma fille qui vit pour la première fois sans moi à Montréal.

– Tu dois absolument aller à cette entrevue en campagne, maman! Ce travail est fait pour toi. Tu pourras enfin réaliser ton rêve de contribuer au monde de demain et de vivre enfin en pleine nature.

– À quoi bon, puisque tu m’as dit ne pas te sentir prête à vivre seule à Montréal!

– Ne t’occupe pas de cela, maman. Vas-y et on s’organisera ensuite. J’ai quand même 19 ans! Comme tu me le dis toujours, nous trouverons une solution. Tout ce que je sais, c’est que tu dois y aller.

Ce fut rapide. Coup de foudre professionnel.

– Vous pouvez commencer dans une semaine?

– Certainement!

Un grand héron remonte avec élégance la rivière en l’effleurant presque. Il ne m’a pas vue. Je fais partie de ce grand tout. Je me replie en position fœtale. Le tamia poursuit son monologue.

– Maman! Pendant ton absence, j’ai réfléchi et j’ai vraiment envie de trouver des gens qui se cherchent une colocataire.

– Tu es certaine?

– Absolument.

Dès mon retour d’entrevue, nous sommes allées porter notre résiliation de bail, quatre heures seulement avant la fin de la date limite. Les synchronismes s’enchaînaient à une vitesse impressionnante. Pressentant le changement, notre chat est subitement tombé malade, m’obligeant à l’accompagner dans son dernier voyage, trois jours avant mon départ. Je vivrais apparemment seule mon isolement volontaire en forêt. Les émotions fusaient de toutes parts. Pendant quatre mois, je dormirais au bureau et je reviendrais à Montréal trois jours semaine jusqu’à nos déménagements respectifs.

– Maman! Trop cool! J’ai trouvé un appartement génial que je partagerai avec 3 techniciens de son! Nous aurons une salle de musique où je pourrai mettre ma contrebasse et mon piano.

Elle s’organisait très bien sans moi. J’étais émue, fière d’elle, mais aussi troublée. Un tourbillon d’émotions se mélangeait à mes changements hormonaux.

Une petite souris montre le bout de son nez entre les plants de prunelle qui obstruent son passage souterrain. Rapide comme l’éclair, mon chat s’élance de son promontoire rocheux, ratant sa cible de peu. Déçu de n’avoir pu attraper sa proie, il va s’abreuver à la rivière, observe le courant un moment, puis regagne son poste d’observation.

Alors que je logeais encore au bureau, un soir de semaine, j’ai aperçu un chat errant qui s’en allait au loin. Ma fille et mon matou me manquaient.

– Minou, minou?

Il s’est tourné vers moi, ses yeux se sont écarquillés et il a semblé s’exclamer « Ah! C’est toi? ». Comme dans une scène de film au ralenti, il s’est élancé vers moi. Avant que je ne réalise ce qui se passait, il était sur moi, léchant avec frénésie mes oreilles et embrassant ma bouche sans gêne comme si nous nous retrouvions après une trop longue séparation! Nous savions déjà tous les deux qu’un lien précieux venait de se créer entre nous. Nous serions inséparables. Je le sortais de l’errance dont il ne semblait pas vouloir, alors qu’il m’aidait à apprivoiser la fin de ma monoparentalité et cette toute nouvelle liberté.

Assise en tailleur sur la toile légère du hamac, je songe aux ressemblances entre la rivière et la vie qui nous pousse inexorablement vers l’avant. L’eau ne se questionne pas à savoir où elle se retrouvera dans une semaine ou un mois. Elle s’abandonne aveuglément au courant.

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C’est ce que j’ai fait à l’époque en promenant ma jeune vingtaine autour de la planète avec mon sac à dos. Je ne me posais jamais longtemps lorsque je rentrais au pays. Inconsciente de fuir quelque chose, j’étais à la recherche de l’inconnu. Ce n’est qu’en rentrant de France avec mon bébé de 18 mois que j’ai commencé ma véritable quête : la rencontre avec moi-même. Ce petit ange qui dépendait totalement de moi, me forçant à quitter ma vie de nomade, m’avait en réalité permis de me remettre au monde et d’apprendre à aimer celle que je fuyais : moi-même.

Je me suis mise à observer le monde autrement, allant jusqu’à devenir végétarienne une dizaine d’années avant la mode actuelle. Nous vivions une simplicité bien involontaire, afin que je puisse être plus présente pour ma fille qui m’exprimait son besoin de passer plus de temps avec moi. Consciente de l’urgence de changer nos modes de vie, je rêvais de nature, d’autosuffisance et d’un travail qui me permettrait de contribuer à un monde meilleur. Quand je m’imaginais terminer mes projets d’écriture, je me voyais au bord de l’eau, entourée d’arbres. Ne voulant pas priver ma fille de la possibilité de voir son père régulièrement et de poursuivre ses études, je patientais, ayant même accepté de vivre là où nous devions garder les fenêtres fermées en été pour ne pas entendre les avions en approche de l’aéroport.

Mon chat se déplace avec grâce, puis renifle une talle de menthe sauvage, à la recherche de la souris. Cette variété envahissante prolifère près de la rivière. Juste à côté, quelques plants de verge d’or ondulent au vent. Je projette d’en faire sécher à la fin de l’été, car cette plante médicinale est très utile pour traiter les infections urinaires. Je vois maintenant des trésors là où d’autres n’y verraient que mauvaises herbes.

Quel privilège d’enrichir chaque jour mes connaissances en travaillant avec de chevronnées herboristes dans une école d’herboristerie en ligne. Chaque jour, je parle à des passionnés de par le monde qui veulent étudier les plantes médicinales, les faire pousser, les transformer et les utiliser pour une plus grande autonomie au niveau de leur santé et de celle des autres dans leur région. Contribuer à ma façon à retransmettre ce savoir donne un tout nouveau sens au monde de demain dans lequel évolueront ma fille et les générations futures. J’y vois enfin de l’espoir. Il y a tant à faire!

De l’autre côté de la rivière, je vois, sans le distinguer, quelque chose bouger. Un castor ou un lièvre peut-être? Il est impossible de se sentir seule dans la forêt. Les arbres dégagent souvent plus d’énergie que les gens que je côtoyais en ville. Je ferme les yeux et savoure la sensation de bien-être qui m’habite. J’ai encore un peu de mal à réaliser quece bonheur fait désormais partie de ma réalité quotidienne. J’inspire. Merci.new-hammock

Dix mois plus tôt, je me suis arrêtée net devant un étalage de hamacs dans un magasin entrepôt. Très compact, chaque hamac logeait dans un étui plus petit qu’un ballon de football. Il n’en restait qu’une douzaine. Il m’en fallait un. C’était fou. Que ferais-je d’un hamac dans notre appartement de l’arrondissement Saint-Laurent? J’étais figée sur place à fixer les petits paquets turquoise, me voyant déjà allongée dans ce hamac au bord de l’eau, dans un futur chez-moi en nature. Rien ne pressait, car j’étais encore loin de réaliser mon rêve. Pourtant, j’avais la sensation que c’était ce hamac qui me mènerait vers lui. Je l’ai acheté.

Un mois après avoir commencé mon nouvel emploi, avant même de me mettre à chercher un endroit où habiter, une série de synchronismes m’a conduite à une petite maison qui, me disait-on, serait bientôt vacante. Situé en forêt au bord d’une rivière, le terrain était enchanteur. En m’approchant de la berge, j’ai découvert une énorme roche plate entre deux puissants chênes. Dans chacun de leur tronc était enfoncé un énorme crochet argenté, où attendaient des attaches à hamac…

 

par Toutarmonie

Vraiment?

Jour 6 de la nouvelle année. Vous y êtes et j’y suis. Une nouvelle année toute neuve sur une planète qui aimerait bien se renouveler. Je ne sais pas pour vous, mais il semble que 2018 fut difficile pour beaucoup de gens. Nous nous souhaitons donc tous une année 2019 plus agréable, malgré le contexte mondial. Pour ma part, je viens de passer deux magnifiques semaines de repos bien mérité.

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J’ai fait le plein de nature et d’ici et maintenant, sans stress. Le bonheur! Ça faisait écriturelongtemps que je n’avais pas autant profité de mes vacances. C’est tant mieux parce qu’en 2019, je ne veux pas revivre le continuel « j’manque de temps » de 2018. Il ne suffit pas que de le dire. Il est essentiel de réfléchir à la manière d’y arriver. Ça aussi je l’ai fait. J’entame la nouvelle année très positivement. Je suis bien consciente que la nouvelle gestion de mon temps demandera un effort constant et une certaine discipline, mais ma récompense sera de pouvoir faire avancer mes projets en parallèle de mon travail. Youppi! Cela signifie que je me remets à l’écriture. D’ailleurs, c’est la lecture d’un petit livre qui a rallumé la flamme. Vous connaissez l’auteur de romans d’horreur Stephen King? Il a écrit un bouquin, il y a une vingtaine d’année sur l’écriture; Écriture, mémoires d’un métier. Nulle besoin d’être fan d’horreur ou d’avoir lu ses œuvres pour apprécier ce petit livre. Il nous parle de lui et de ses conseils. Cette lecture a trouvé écho en moi. Je vous le recommande vraiment, si vous aimez écrire. Il s’est passé quelque chose en moi en lisant ce livre et c’est comme si les pièces d’un casse-tête se mettaient en place.

Parlant d’horreur, peut-être avez-vous entendu parler des 45 millions de visionnements du triller Bird box sur Netflix? J’ai regardé la bande-annonce et j’ai compris que cela n’était pas mon genre de film, mais j’étais tout de même curieuse de savoir ce que 45 millions de gens avaient visionnés. Pffffffffff!!!! Si vous aimez les trillers genre fin du monde, vous serez servis, mais moi c’est le genre de film qui me donne moins le goût de vivre! Si vous ne l’avez pas regardé et que cela fait partie de vos projets, soyez à l’écoute de votre état d’être pendant et après le visionnement. Pas jojo, je vous le dis. Plus que cela, ce genre de film jette un voile sombre sur le genre humain. Partant maintenant du principe que les pensées sont créatrices, imaginez 45 millions de gens qui broient du noir en même temps suite au visionnement d’un film! Sérieusement, c’est de plus en plus difficile de trouver des films, des livres aussi et des séries, qui ne soient pas axés sur la violence, la vengeance et les enquêtes policières. Ne serait-il pas temps de réaliser que nous devenons ce que nous consommons? En Allemagne durant les Fêtes, un garçon a mobilisé la police parce qu’il n’était pas content de ses cadeaux!!!! Quoi??? Vraiment? Plus près d’ici, on m’a raconté d’autres histoires d’horreur d’enfants mécontents de leurs cadeaux! Ben voyons donc! Nous sommes rendus là?

Ce soir, je suis tombée sur un vieux film mettant en vedette John Travolta, Saturday Night Fever. J’étais très jeune lorsque ce film est sorti. J’aime la danse et j’avais envie de voir à quoi ressemblait les films en 1977. Houla! Dialogues: nuls. Histoire: nulle. Rythme: lent (ça change de ce qu’on a maintenant). Danse: moyenne. J’avais l’impression que 75 ans s’étaient écoulés depuis ce film! Indéniablement, les films sont mieux faits aujourd’hui, les moyens techniques sont étonnants maintenant. Par contre, ce réalisme fait en sorte qu’il peut devenir facile pour des gens, dont les jeunes, de confondre fiction et réalité. Au début de mes vacances, je cherchais un film sans violence, alors je me suis rabattue sur un film pour enfant! Pardon!!! Déjà le réalisme fait peur et les méchants sont méchants à la puissance 10! Ça me terrorisait moi! J’ose pas imaginer un kid de 6 ans! Sans parler de la violence!!! J’ai arrêté le film dans les 10 premières minutes.

Qu’est-ce qui ne va pas avec notre monde pour que les gens aiment regarder des horreurs, des meurtres, des résolutions de meurtres, des histoire de vengeance (les films pour enfants aussi en sont remplis)? Personne n’aurait envie de se retrouver avec une balle entre les deux yeux, mais comment peut-on regarder de telles horreurs pour se détendre ou se divertir? Je n’ai pas trouvé de réponse alors si vous en avez une, éclairez-moi!

Je préfère nettement la compagnie des animaux. Émerveillement et bonheur assuré! La rencontre de ceux-ci m’a tellement fait rire!

Je profite de ce moment pour vous remercier d’être toujours au rendez-vous, malgré un rythme inégal dans mes publications. Échangez avec vous tous est toujours un plaisir renouvelé.

Bisou

Toutarmonie

Je m’engage

La planète va de plus en plus mal, nous le savons tous. Chaque jour nous apporte des nouvelles démontrant que les climats changent.

Cela engendre des tornades, des pluies diluviennes, des records de chaleur ou de froid, de la neige où il n’y en avait pas et des insectes tropicaux là où ils ne pouvaient vivre autrefois, des inondations impressionnantes ( ce matin j’apprenais que des vagues immenses ont arraché des balcons des 3 premiers étages d’un hôtel aux Canaries), de puissants séismes presqu’au quotidien, la disparition d’espèces animales , des incendies dévastateurs, des récoltes dévastées, des maladies nouvelles. Bref, notre planète se meurt sous nos actions et inactions, elle souffre à coups de pesticides et de chimique, elle se liquéfie.

On nous le répète depuis longtemps, mais devant l’ampleur de ces constations grandissantes, devant le nombre grandissant de la population mondiale et de ses « besoins » et déchets, l’inertie semble majoritairement présente.

Au Québec, un regroupement d’artistes et de personnalités s’est mobilisé pour interpeller le peuple à agir en signant un pacte. Tout le monde sait que Paris ne s’est pas construit en une nuit. Les gestes aussi petits soient-ils sont les bienvenues. À ce jour, plus de 212 000 personnes ont signé le pacte. Ils trouveront sur leur site des idées, mais surtout on demande aux gens de faire des changements. De repenser leurs choix. De refléchir avant d’acheter des produits qui ne respectent pas ce mouvement de changements essentiels.

Déjà depuis le début de ce pacte, vous n’imaginez pas les discussions que cela a engendré. Je trouve cela génial, parce que c’ est en en parlant que nous avancerons, pas en nous voilant les yeux.

Où que vous viviez, je vous invite à vous joindre à moi en signant ce pacte ICI.

Soyons le changement que nous espérons.

Toutarmonie