Que faudra-t-il donc?

Ça, c’est l’Australie qui brûle. Un enfer apparemment. Il y a tellement de feux, que les glaciers de la Nouvelle-Zélande, pays voisin, virent au marron!

J’ai un ami australien qui vit à Sydney. Il me racontait que l’air était si pollué actuellement qu’ils devaient garder toutes les fenêtres fermées, autrement c’était comme si quelqu’un venait de fumer 5 paquets de cigarettes! Il fait une chaleur pas possible en plus et ce weekend, ils annoncent de forts vents et de grosses chaleurs sèches. Rien pour améliorer la situation. De plus, janvier et février sont les mois les plus chauds. Ils ne sont donc pas sortis de l’auberge! La carte suivante vous montre une idée de l’étendue des feux. Une québécoise en visite chez son frère en Australie témoignait hier que c’était une vision apocalyptique. « C’était l’apocalypse » : une Québécoise fuit les feux de forêt en Australie

Considérant que la plupart des australiens vivent sur les côtes à l’extérieur du désert central, c’est une grosse majorité de la population qui est affectée par ces feux dévastateurs. Plusieurs personnes se sont réfugiées sur les plages. L’air est toutefois irrespirable. Une épaisse brume jaune toxique envahie les villes. C’est la catastrophe et pourtant… je ne cesse d’y penser depuis le 1er janvier… ILS ONT QUAND MÊME FAIT LES FEUX D’ARTIFICE DU NOUVEL AN!!!!!! Je n’arrive tout simplement pas à comprendre la logique humaine!

C’est comme si vous découvriez que « oh horreur », votre eau potable est pollué et que vous y rajouter du plomb et du mercure! Aucune logique! Tout cela pour ne pas nuire aux traditions et divertir les gens! Ça a beau être à l’autre bout de la planète, cela me lève le cœur. Bon sang que l’espèce humaine est stupide!

Lors d’un feu d’artifice du Nouvel An à Hawaï, le nombre d’admissions dans les hôpitaux locaux pour difficultés respiratoires a bondi de 113% dans les heures suivant le spectacle. Alors dans un pays aux prises avec un nombre record de feux et une qualité de l’air médiocre, comment les autorités ont-elles pu autoriser ces feux? Cela me laisse littéralement bouche bée!

Voici un article de La Presse qui parle justement des pics de pollution suite aux feux d’artifice de Montréal l’été. Feux d’artifice : un risque pour la santé?

Est-il si difficile de changer ses habitudes? Cela n’aurait pas été catastrophique d’annuler les feux du Nouvel an il me semble.Cela me fait penser au 31 octobre dernier, où nous avions un cocktail météo dangereux. Plusieurs municipalités ont déplacé la collecte de bonbons au lendemain et cela a créé un flot de protestations. Pour vous donner une idée, chez-moi, j’ai cru qu’un gros arbre allait tomber sur la maison sous la force des vents et j’ai entendu 2 gros arbres fendre en deux lors d’une bourrasque. Hydro-Québec, la compagnie d’électricité a eu sa pire panne en 25 ans. Et tout ce que nous entendions à la radio, c’étaient les râlements des gens qui ne voulaient pas qu’on touche à leur Halloween!

J’ai mal à mon humanité.

Comment arriverons-nous à faire changer les mentalités si les gens s’accrochent à de telles insignifiances? C’est décourageant! Vraiment!

Quand j’ai appris cette nouvelle, c’était le matin du 1er janvier. Je venais de lire cela sur le blogue de Aphadolie. Le soleil faisait briller la neige nouvelle tant attendue. Féérique! De la fenêtre de ma chambre, je voyais la piste d’une souris sur la neige fraîche. Adorable.

Je devais me changer les idées. J’ai donc décidé de sortir mes raquettes pour la première fois cette année, car jusqu’à maintenant notre hiver nous a surtout apporté pluie et verglas. Trop chaud. Je suis partie enthousiaste sur le sentier blanc menant au parc national. J’ouvrais la piste. C’était magnifique, même si le soleil est rapidement disparu derrière les nuages. Puis en arrivant à l’entrée, que vois-je?

La piste d’un motoneigiste qui a réussi à se frayer une chemin sur le sentier du parc interdit aux motoneiges. Il faudra demander aux responsables du Parc de réinstaller les grosses chaînes. Les gens ne respectent plus rien! J’ai essayé tout au long de ma randonnée d’avancer hors de la trace raboteuse, mais disons que cela venait s’ajouter à ma déception face aux feux d’artifices en Australie. Tout ce que les gens ont en tête, c’est de se divertir au détriment de la nature.

J’ai quand même apprécié ma ballade et je me suis concentrée sur les pistes des lièvres, des chevreuils et des renards.

Je n’ai pas arrêté de penser à l’attitude des autorités australiennes par rapport aux feux d’artifice et j’ai beaucoup de difficulté à voir de l’espoir.

J’expliquais justement à ma mère la semaine dernière que nous ne pouvions plus faire les choses par habitudes les yeux fermés. Nous devons réfléchir à la pertinence de tous nos gestes, de nos choix, de notre consommation et d’utiliser notre créativité pour faire les choses autrement dans le respect de ce qui nous entoure. Quand je vois la réaction des australiens, je vous avoue être un peu découragée parce je sais bien que cela aurait aussi bien pu arriver ici au Québec ou dans votre pays.

J’imaginais une discussion entre deux extraterrestres, voyant l’état actuel de notre planète:

– Dis-moi, crois-tu que le moment est enfin venu d’aller les aider?

T’es fou! Tu vois comme ils sont encore accrochés à leurs habitudes! Ils vont devenir fous! Non, crois-moi, il faut attendre encore, quand ils ne verront plus d’issues.

Toutarmonie

Les adieux de 2019

Nous voici rendus à la dernière journée de 2019. Nous tentons toujours d’essayer de qualifier l’année qui se termine, allant d’année de merde à formidable. Comme bien d’autres, je me suis souvent enthousiasmée de voir arriver une nouvelle année, avec l’espérance que celle-ci sera plus clémente, moins ceci, moins cela. Tournons vite la page sur une année prometteuse de toutes les possibilités, sommes-nous tentés de dire.

Cela m’amène à vous parler de ce bruant hudsonien qui s’est fracassé sur l’une des fenêtres de la maison. Il s’est retrouvé à suffoquer, le tête enfoncée dans le neige, trop sonné pour s’en extirper. Je l’ai sorti de là et déposé sur une tablette devant mon entrée. Pendant que je suis rentrée, en quête d’une petite boîte et d’un morceau de tissu doux pour le garder au chaud à l’intérieur, à l’abri de mes chats, pendant qu’il reprendrait ses esprits, ma fille a retiré la neige qui recouvrait ses fines plumes et elle le caressait doucement. Puis, quand je suis ressortie avec ma boîte, il a prit son envol. Il s’est posé un bon moment sur une branche, puis à notre grand bonheur, il est reparti apparemment rétablie. Tous n’ont pas cette chance et se brisent souvent le cou sur la fenêtre.

Malgré les épreuves, malgré la situation planétaire, je me réjouis d’avoir pu vivre l’année qui s’achève. Tous n’ont pas eu ce privilège! Nous sommes ici sur Terre pour vivre des expériences et cheminer, alors à ce titre toutes les années s’équivalent. Comme le petit bruant, nous avons la chance d’être en vie et de pouvoir savourer chaque seconde.

Être en vie pour admirer ce qui reste de la nature.

Pouvoir observer les animaux et découvrir des pistes de renards sur la neige au matin.

Danser sous le soleil.

Savourer un fruit fraîchement cueilli.

Croiser un sourire.

Sentir le vent sur mes joues.

Écouter le chant des oiseaux et le hurlement des coyotes.

Entendre la voix de ceux que j’aime et ressentir leur énergie caractéristique.

Ressentir et entendre mon univers intérieur.

Chanter à tue-tête en conduisant mon auto.

Saluer en souriant des gens que je ne connais pas.

Admirer mes chats s’abandonner sur moi en ronronnant.

Créer, écrire, lire, rêver.

Et surtout aimer. M’aimer moi, aimer la vie, aimer toute vie, aimer les 4 saisons en appréciant leurs contrastes et différences, aimer le changement, aimer le silence tout comme la musique, aimer mon corps qui se transforme avec les années, aimer changer, aimer aimer.

Je vous rassure, je ne suis pas malade et je ne crois pas que nous devions attendre non plus que nos proches le soient pour apprécier leur compagnie.

Que vous soyez jeune ou vieux, que vous soyez en santé ou malade, que vous soyez seul.e ou en couple, que vous ayez ou non des enfants, je vous souhaite pour 2020 de prendre le temps (car nous avons toujours ce choix, quoiqu’on en pense) d’aimer la vie et d’apprendre à savourer toute chose et toute personne, comme lorsqu’on vient de traverser avec brio une grosse épreuve dont nous ne savions pas si nous en sortirions.

Je vous souhaite aussi de ne pas laisser la technologie happer votre temps.

Photo de Lisa Vanderhoop

C’est ça que je vous souhaite cette année.

Avec tout mon amour,

Toutarmonie

Photo de Geart Weggen

Avez-vous le choix?

Combien de fois entendons-nous ces mots?

Je n’ai pas l’choix!

Oh si je pouvais!

Comme tu es chanceuse, c’est mon rêve!

J’aimerais être à sa place!

Si j’avais le choix…!

Avons-nous le choix ou nous sommes tout simplement victimes d’une sorte de karma? Je préviens les inconditionnels du karma, moi je n’y crois pas. Aucune âme de choisirait de revenir dans une forme pour payer pour ce qui s’est passé dans d’autres vies avec d’autres formes. Elle aura certes des défis à surmonter et se servira de ses expériences passées pour tenter de faire mieux avec vous dans cette vie-ci, mais personne d’entre nous n’est emprisonné dans un moule de vies passées. Cela signifie que nous pouvons choisir. Oui oui, choisir!

Je parle de choix de vie, vous l’aurez compris, pas de votre grandeur ou de la longueur de vos doigts. Au début de ma vingtaine, j’avais laissé un excellent emploi (un poste de cadre) pour partir faire le tour du monde à sac à dos. Combien de fois je me suis fait dire, « Oh, c’est mon rêve! Chanceuse! » ou « Ah! si j’étais millionnaire, moi aussi je partirais. » Tout d’abord, il faut savoir que je n’avais pas d’économies quand je suis partie parce que je venais de commencer ma jeune vie d’adulte et je n’avais pas de parents fortunés non plus. J’avais ressenti le besoin de partir et j’avais fait ce choix. En faisant des choix ressentis, c’est comme si nous orientions une sorte de boussole intérieure vers les moyens pour les réaliser. L’argent est venu à moi de manière surprenante. Cela dit, pour partir, il m’avait tout de même fallu ne pas rester accrochée à un emploi très payant dans lequel j’excellais et à un statut social. J’avais tout vendu pour partir et je me lançais dans le vide. J’ai dû ne pas tenir compte des commentaires du genre « Oui, mais à ton retour, tu ne trouveras peut-être pas un travail aussi bien! ». Mon père me disait que je devrais continuer de gravir les échelons et une fois à la retraite, ce serait le moment pour moi de voyager. Je n’étais pas d’accord. En aurais-je encore envie (ou la capacité physique) à ma retraite ou me rendrais-je jusque là? Plus encore, si j’avais ce ressenti si puissant de partir, c’est que c’était le bon moment pour le faire. Je savais bien qu’à mon retour d’un tel voyage, je n’aurais sans doute plus envie de faire le même travail. Ce voyage m’a effectivement transformé et a teinté tout le reste de ma vie. Cela dit, ce n’était pas de la chance, mais un choix que j’avais fait.

Vaut-il mieux passer sa vie à critiquer: un partenaire qui ne nous convient pas, un emploi que nous n’aimons pas, une habitation qui ne nous ressemble pas; des liens familiaux qui ne nous conviennent pas?

Cela demande du courage, je vous l’accorde, car quelque soit le changement que vous souhaitez, il comporte certains risques ou certains renoncements. Vous n’aurez jamais la garantie de revenir d’un voyage. Vous ne pouvez être assuré que le nouvel emploi convoité sera plus agréable. Si vous laissez votre partenaire, vous ne savez pas si vous rencontrerez quelqu’un de mieux et il y a une possibilité que vous soyez seul.e un bout de temps.

Ce que je peux vous dire de mes expériences, c’est que si vos choix sont vraiment motivés par un ressenti intérieur, alors vous ne pouvez pas vous tromper. Ces choix vous guideront vers ce dont vous avez besoin. Les choix rationnels peuvent mener vers un résultat, mais pas nécessairement vers le bonheur.

Facile à dire, me direz-vous, mais quand on a des enfants, on ne peut pas faire ce qu’on veut! Vraiment? J’ai rencontré lors de mes voyages des couples aux revenus modestes avec de jeunes enfants et cela ne les empêchait pas de faire ce dont ils avaient envie. D’ailleurs, ces enfants étaient vraiment « allumés »et ouverts aux changements. Ils ne faisaient pas semblant de vivre, ils vivaient pleinement. Des familles ont laissé derrière elles des pays en guerre dans l’espoir d’un avenir meilleur. N’est-il pas mieux en effet de faire ce qu’il faut pour cesser de vivre dans la peur, même si cela comporte des risques?

Vous avez trop de dettes? Il est aussi possible de faire faillite, si vous en êtes rendu là! Vous avez des liens familiaux malsains? Vous pouvez mettre un terme à cela aussi. Certaines personnes donnent en adoptions leur enfant parce que cela ne leur convient pas. Nous n’avons pas à les juger, car cela est sans doute mieux ainsi pour l’enfant. Tout est possible. Chose certaine, personne ne sait mieux que vous ce qui VOUS convient ou ne vous convient pas. Mieux vaut oser le changement que de s’enlever la vie.

On ne rend service à personne à mettre de côté nos besoins. Plus on fait ce qu’on ressent devoir faire, plus nous vibrons. Plus nous vibrons, plus cela transforme notre quotidien positivement. Vous rêvez de vivre en nature? Alors, allez-y! Je l’ai fait, parce que cela m’interpelait. Cela m’a pris quelques années, mais je n’aurais pas pu rester en ville même avec un salaire six fois plus élevé. J’ai laissé derrière moi ma fille (alors jeune adulte) et ma mère, mais les liens et l’amour demeurent toujours. Aurais-je dû m’en priver pour être plus disponible? Nous ne sommes pas venus vivre notre vie pour les autres. Mes proches sont heureux quand ils me savent heureuse. Eux aussi font leurs propres choix.

La peur est ce qui empêche les gens de passer à l’action. Bien des gens sont devenus experts à se trouver des raisons de ne pas changer ce qui ne leur convient plus. Les aventuriers ne sont pas sans peur, mais ils ne s’y arrêtent pas et ils les dépassent. Sans doute savent-il, eux aussi, que lorsque nous faisons nos choix avec notre les fibres de notre être, la vie nous aide à les concrétiser.

Il y a plus de 5 ans, je souhaitais de tout cœur rencontrer une personne que je connaissais, mais je ne savais pas où elle travaillait, ni dans quelle ville elle vivait. J’ai demandé à mon « double » (mon guide intérieur) ok, là je ne sais pas comment y arriver alors aide-moi s’il te plaît, si je dois rencontrer cette personne à nouveau. Quelques semaines plus tard, j’apprenais par un concours de circonstances très particulier où cet homme travaillait. Presque 1 an après, alors que je repensais à cette personne, je me suis retrouvée face à un détour de la route, suite à un accident mortel (dans lequel je n’étais pas impliqué), et de détour en détour, perdue sur un rang de campagne, j’avais demandé mon chemin à un homme qui ramassait son courrier devant sa boîte à lettres au bord du chemin et Oh surprise, c’était lui! C’était digne d’un film et rien que d’y repenser, je ressens toute la magie de ce moment. J’avais voulu cette rencontre de toutes mes forces et la vie me l’avait envoyé, même si ce n’était pas quelqu’un pour moi. Je le sus plus tard, quoique si je suis là, à vous raconter ce moment magique, c’est qu’il fut mémorable et digne de mention. Jamais je n’oublierai que ce qui me guide a accès à des ressources infinies et peut tout faire.

Alors je ne peux que vous encourager à dépoussiérer vos rêves, à faire des choix et à les refaire autant de fois que vous ressentez que cela est nécessaire. Il n’est écrit nulle part que vous devez vivre à la même place toute votre vie, ou que vous devez vous limiter. Si votre rêve nécessite des moyens que vous n’avez pas, laissez votre double s’en charger et faites-lui confiance surtout. À partir du moment où on fait un choix, on peut arriver à être créatif pour concrétiser notre projet. Évidemment, il faut rester à l’écoute, même lorsque ce que vous entendez semble étrange. Si ça vous dit de tourner à gauche, peut-être y aura-t-il un cadeau pour vous au bout de ce chemin…

Nous ne sommes pas ici pour faire du temps. Nous sommes ici pour vivre pleinement et rayonner.

Bon weekend à tous!

Toutarmonie

50 nuances d’automne

Pas de tirs de chasseurs ce weekend, c’est le bonheur! Non, mais ce n’est pas vrai! En écrivant ceci, alors que le soleil s’éteint au loin, une rafale de tirs retentit. Ça ne finira donc jamais…

Les couleurs automnales sont époustouflantes en ce moment en Outaouais. Si on ne prend que les feuilles des vinaigriers, selon leur situation sur le terrain, j’en ai des jaunes, des rouges ou des oranges fluos. Fascinant! Le long des routes ou autoroutes, c’est comme si un peintre avait généreusement coloré le paysage avec des dégradés étonnants et des contrastes saisissants. En allant vers Montréal vendredi, je devais faire des efforts pour garder mon attention sur la route, tant le spectacle des couleurs était flamboyant. Certains arbres donnent l’impression d’être en feu tellement ils sont orangés. Le moment était tout désigné pour aller courtiser la nature aujourd’hui.

Vous pensiez être à cours de « Wow » lorsque le coucher de soleil devient aussi spectaculaire que les humeurs automnales des arbres. La lumière de fin de journée orangée, projetée sur les arbres, vient mettre en surbrillance le tout. Aucune photo n’arrive à vraiment rendre l’éclat de ces teintes. Ajoutez à cela qu’il n’y a plus de moustiques, que la température est très confortable et que le vent transporte avec lui un très délicieux mélange de foin d’odeur, de feuilles mortes qui crissent sous les pieds et de terre et de roches humides. Bien tentant de s’y arrêter pour écrire.

Je me repose depuis 3 jours, alors demain, jour de l’Action de grâce, ce sera le grand lavage des fenêtres avant que n’arrive l’hiver, afin de rendre grâce au quotidien en admirant, au travers de vitres propres, cette nature si vivante!

Voici quelques-unes de mes photos.

Toutarmonie

L’Amérique pleure

Samedi matin, 6 h 30. Alors que le jour se lève à peine, une salve de tirs d’un chasseur me rappelle que c’est un weekend d’automne et que l’Humain n’a pas évolué miraculeusement durant la nuit.

Cela m’inspire de vous partager une chanson du tout nouvel album du groupe engagé Les Cowboys fringants intitulé Les Antipodes. La chanson que je vous partage aujourd’hui est L’Amérique pleure. Écoutez bien les paroles…

« La question qu’j’me pose tout l’temps / Mais comment font tous ces gens / Pour croire encore à la vie / Dans cette hypocrisie »

« Moi je traîne dans ma remorque / Tous les excès de mon époque / La surabondance surgelée / Shootée, sur-emballée, yeah! / Pendant que les vœux pieux passent dans l’beurre / Notre insouciance est repue / C’est dans l’fond des containers / Que pourront pourrir les surplus »

« La question qu’j’me pose tout l’temps / Mais que feront nos enfants / Quand il me restera rien / Que des ruines et la faim »

Bon samedi!

Si vous souhaitez écouter tout leur album, il est en écoute libre cette semaine sur Ici Musique : https://www.icimusique.ca/

Toutarmonie

À quoi est associé l’automne pour vous?

Alors que les arbres se parent de magnifiques couleurs, lesquelles changent au fil des jours et des semaines, alors que l’air est frais et donne envie de se balader en forêt, voilà que retentissent les « pow pow t’es mort! ». Hey oui, c’est la période de la chasse. En ce moment, c’est la chasse aux chevreuils et aux bernaches (communément appelé outardes ici). Même si je ne voulais pas y penser, il y a toujours de « valeureux » chasseurs qui tirent très tôt le matin, le jour aussi et en fin de journée pour me le rappeler. C’est une période de l’année magnifique, pourtant c’est carrément dangereux de se balader en forêt! Là où je vis, les gens ne devraient pas être en train de chasser. Ce sont des terrains privés. Certains s’arrêtent même sur la route, sortent avec leur arme, et s’aventurent en bordure des terrains. Illégal. Mais bon, auriez-vous envie d’aller faire la leçon à un mec armé?

Chez moi passe un sentier qui appartient à un parc national. Oui, qui dit parc, dit protégé! Ce sentier n’est cependant pas vraiment sous surveillance. La partie qui est située DANS le parc l’est davantage. Cela dit, à entendre la proximité des tirs, je doute que ces chasseurs respectent ces zones protégées.

N’ayant entendu aucun tirs hier (faut dire qu’il pleuvait presque toute la journée), quand le soleil s’est pointé aujourd’hui et que j’ai vu ce ciel d’un bleu intense, j’ai vraiment eu envie d’aller faire une balade à vélo. Torturée entre la crainte de finir sur le toit d’un 4X4 comme un chevreuil et le désir de sentir l’odeur des feuilles au sol, j’ai finalement décidé de dépasser ma peur. J’ai revêtu ma veste de nylon de vélo rouge pompier (aussi bien mettre toutes les chances de mon côté) et je m’apprêtais à partir quand j’ai entendu tirer. Merde!

Qu’à cela ne tienne, j’ai décidé de rouler sur la route, non pas sur le sentier, jusqu’à ce que je sois au parc. Dès que je me retrouve dans cette nature si chaleureuse, je ressens toute son énergie. Les couleurs sont vives. L’air est frais. La canopée verte apaise. C’est le bonheur. À mi-parcours, je trouve un endroit pour méditer. La vue est magnifique. D’un côté, il y a une rivière.

J’entends un grand héron pousser un grand cri étrange et je le vois prendre son envol. De toute beauté! C’est tranquille à cette période de l’année. Le silence est doux. Parfois j’entends quelques bernaches parler entre elles de leur voyage vers le Sud. Un tamia semble avoir envie de venir voir si j’ai quelque chose pour lui, mais il se contente finalement de faire des allers retours entre les arbres devant moi. Il me fait sourire. Je suis bien.

De l’autre côté, c’est un tout autre panorama où domine le bleu et des traces de nuages qu’on semble avoir essayé d’effacer.

Je ferme les yeux et médite en respirant profondément et « pow pow t’es mort » retentit au loin. Quel gâchis! Les tirs reprennent à répétition. Ça semble venir de l’Ontario cette fois-ci, de l’autre côté de la grande rivière Outaouais. Qu’importe, je pense à ma crainte d’aller rouler en période de chasse et je n’ose imaginer la crainte que vivent ces animaux persécutés. Vous vous préparez pour un très long voyage et « BANG », un humain au sol tire votre partenaire de vol ou votre ado. Ça commence vraiment mal un voyage! Je me demande s’ils y pensent à cela, les chasseurs?

Lasse, je décide de rentrer. Un peu avant d’arriver chez-moi, je dois me décider. Prendre le sentir en forêt ou rester sur la route pour être certaine de ne pas croiser de chasseur. La route ne me fait pas vraiment envie, alors je tourne dans cette partie de la forêt où j’entends toujours des animaux bouger dans les feuillages sur mon passage parce que c,est un chemin moins fréquenté.

Dès que j’arrive sur le sentier, je ressens encore une fois le présence bienveillante des arbres et de ses habitants. J’inspire. Hmmmm….! Les feuilles au sol craquent sous mes roues. Puis à un tournant, j’arrive face à un grand chevreuil. Il est tellement gracieux! Il m’a vu rouler vers lui, alors il s’enfuit illico hors du sentier, alors que je ralentis. Au silence qui règne, je me doute qu’il fait la statue tout près de moi, afin de ne pas attirer l’attention sur lui. Dans une fraction de seconde, je vois plein de pommes au sol. Me vient à l’esprit que cela est peut-être une ruse d’un chasseur et mon cœur se met à battre plus vite. Merde! Puis la seconde d’ensuite, je constate que je suis sous un pommier et que ses petites pommes tombées au sol étaient la raison de la présence du chevreuil. Je ne m’arrête pas, pour ne pas effrayer le pique-niqueur et je continue ma route. Je remarque que j’ai la gorge serrée et que j’ai une vive émotion en pensant que ce chevreuil prend peut-être son dernier repas. Je demande en silence à Dame Nature de le protéger.

Où peut se cacher un chevreuil en période de chasse? Ils doivent faire des réserves avant l’hiver et pourtant, il faudrait qu’ils se cachent jusqu’à ce que la menace s’éloigne.

Basilic sacré – plante médicinale

En rentrant, j’ai essayé de penser à autre chose en récoltant d’autre basilic sacré, mais cette période de chasse me trouble beaucoup. Mes amis de la région aussi évitent d’aller en forêt à cette période-ci et cela nous choque parce que c’est une période vraiment géniale.

Si nous étions en mode de survie, ce serait autre chose, mais franchement, venir tirer chez les gens, je trouve qu’ils exagèrent.

Échinacée après la pluie

Je vous laisse sur ces feuilles de molène après la pluie. On dirait vraiment des cristaux de glace. Très particulier l’effet de l’eau sur ces feuilles poilues.

Toutarmonie

Wake up call

– Bonjour, je suis bien à la réception de l’hôtel? J’aimerais un « wake up call » pour demain matin à sept heures, s’il vous plaît.

– Avec plaisir, madame. Puis-je faire autre chose pour vous?

Tout le monde connaît ce genre de « wake up call ». On le demande, on s’y attend et on le reçoit. Puis il y a ceux qu’on n’attend pas, qu’on n’imagine même pas parfois. C’est ce que Greta Thunberg fait; réveiller les gens, les sortir de leur zone de confort, leur démontrer que si une jeune de 16 ans peut, à elle seule faire une différence, tous ensemble nous le pouvons aussi, en nous tenant debout et en exigeant des changements de nos gouvernements et leaders.

Un demi millions de manifestants étaient présents lors de la marche pour le climat. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1318625/forte-mobilisation-greve-mondiale-climat-greta-thunberg

Une marée humaine a déferlé à Montréal afin d’exprimer son raz-le-bol que rien ne change pour réduire les dommages causés à notre planète.

J’admire le courage de cette jeune! Quand j’entends des gens la critiquer, cela me choque profondément, tout comme cela blesse tous ces jeunes qui voient en elle un espoir. Qu’il y ait des gens ou pas derrière elle, qu’elle soit différente, on s’en fout. Elle réussit à faire bouger les gens, à les amener à se poser des questions et à mobiliser les jeunes afin qu’ils prennent en main leur futur incertain. D’autres disent que cela ne donne rien. Je ne suis pas d’accord du tout. Ces marches et grèves pour le climat sont des « wake up call » ayant pour but de dire haut et fort que nous exigeons que ça change. Vous aurez beau faire pousser vos légumes biologiquement, si les voisins aspergent les leurs de pesticides, cela viendra quand même contaminer vos récoltes. Donc malgré tous les gestes que des millions de gens font pour changer leurs habitudes, pour réduire leur impact sur la planète, si en parallèle, les gouvernements continuent d’investir dans ce qui a mené à notre perte climatiquement parlant, cela sera vain.

Et vous avez tous ceux qui prétendent que cela est exagéré. Je dirais à ceux-ci que le moment est venu d’ouvrir leurs yeux. C’est d’une telle évidence! Non seulement nous sommes beaucoup trop nombreux sur cette planète, mais en plus, nous l’avons tellement maltraitée que nous ne savons plus par quel bout la soigner! Que faut-il pour que les gens se réveillent? Découvrir des sacs de plastique dans leurs poissons? On le sait, pour la majorité des humains, tant que leur confort et leurs habitudes ne sont pas menacés directement, cela n’existe pas. Et comme si cela n’était pas déjà suffisant, nos gouvernements continuent de parler de croissance et investissent auprès des pollueurs.

Cela me rappelle un exemple lu, je crois, dans un livre de Cyril Dion ou de Pierre Rabhi. Imaginez un grand étang dans lequel il y aurait un nénuphar. Imaginez que ce nénuphar se multiplie chaque jour et que je vous dis que ça prendra 30 jours avant que l’étang soit entièrement recouvert. Quand aurons-nous atteint le point de non-retour?

Wikipédia: Un point de nonretour est dans un continuum spatiotemporel un lieu et/ou moment (un seuil) à partir duquel un évènement ou une action en cours ne peut plus être arrêté, ou à partir duquel il devient impossible de revenir sur une décision.

Au jour 29, car alors l’étang sera couvert à moitié et donc dès le lendemain, il aura doublé et couvrira toute la superficie. Tout cela pour dire que je ne trouve pas surprenant qu’on nous annonce cette semaine que les pôles fondent beaucoup plus vite que prévu. Les scientifiques le savent et même s’ils le disent, l’écrivent et insistent, les gens continuent comme si de rien n’était.

Une petite croisière (polluante) avec ça?

Quoi faire dites-vous? S’y préparer!!! On doit incarner le changement, dès maintenant. Ne pas attendre que tout se mette à sauter en même temps. On peut se demander aussi en quoi notre boulet actuel sera pertinent dans ce monde de demain. S’il ne l’est pas, on peut réfléchir à ce que nous pourrions faire pour changer cela. Se préparer veut dire œuvrer ici et maintenant au changement, mais aussi cela veut dire que vous ne serez pas en état de choc, car vous aurez vu venir et vous serez davantage prêts.

Quand j’étais enfant, mes parents fumaient 2 paquets de cigarettes par jour chacun, à la maison ET dans l’auto. Cela me donnait la nausée. Aujourd’hui, quand je raconte cela à ma fille, elle n’en revient pas! Je cachais les cigarettes de mes parents au congélateur, tellement je trouvais cela agressant et je me faisais gronder pour cela. Aujourd’hui, presque plus personne ne fume et ma mère (comme bien des parents) s’en veut beaucoup de m’avoir imposé cela.

Un jour, nous aurons aussi des comptes à rendre. Que ce soit le voyage dans le Sud, le véhicule tout terrain, le yacht, le 2e véhicule, la mode (changer de vêtements aux 6 mois), l’utilisation du plastique, le gaspillage… la liste serait longue… nous devons repenser nos choix et chacune de nos décisions. Est-ce que cela est facile? Non. Est-ce que ce sera un travail de tous les jours. Absolument, mais nous sommes rendus là.

Toutarmonie

Dimanche de septembre

J’adore les journées plus fraîches! J’ai bien cru pouvoir manger aujourd’hui mon premier épi de maïs de mon jardin, mais hélas, il n’était pas encore prêt. J’ai semé mes maïs trop tard au printemps, donc la récolte est tardive. Tout comme mes carottes. Par contre, quel bonheur de manger ces petites tomates juteuses et sucrées!

C’est tellement chouette de faire un potage avec les carottes de son jardin. Rien ne peut remplacer ça.

Connaissez-vous le basilic sacré? Avec l’ortie, c’est ma plante médicinale chouchou. Son parfum est relevé et son goût teinte tous les mélanges de plantes. J’en mets dans tout! Délicieux! J’en fait sécher pour les tisanes et j’en ai fait une teinture mère.

Je vous laisse sur ces photos.

Toutarmonie

Décroissance, la base

Je vous partage aujourd’hui une vidéo de l’an dernier. En regardant cette vidéo, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’en un an, l’état de la planète s’est vraiment détérioré rapidement. De toute urgence, nous nous devons de bien comprendre l’importance de la décroissance.

Pour cela, nous devons repenser nos façons de faire. Think outside the box, comme le disent les anglais (penser en dehors de la boîte).

Toutarmonie

Notre corps est une planète

J’ai commencé depuis peu un cours en ligne de 300 heures d’anatomie et physiologie humaines en complément de mes études d’herboristerie. Quand j’ai reçu mon livre, j’étais un peu impressionnée par sa taille et la quantité d’informations qui s’y trouvait. En le feuilletant, je devenais de plus en plus fébrile à l’idée d’enrichir mes connaissances sur ce sujet important. À moins de travailler dans le domaine médical, nous connaissons très peu de choses sur notre propre corps et son fonctionnement. Peut-être le respecterions-nous davantage si nous en connaissions tous les rouages! Nous protégeons les chiens et les chats, mais nous maltraitons nos formes!

Le corps humain et son fonctionnement sont hallucinants! Chaque organe a un rôle a jouer, mais également chaque partie, chaque cellule, travaillent avec le reste de notre formidable véhicule. Par exemple, nous avons des thermomètres intégrés et si la température de notre corps s’élève, un mécanisme se déclenche afin de rétablir l’équilibre. Si vous vous coupez un doigt, votre corps constate qu’il y a rupture d’un vaisseau sanguin. Il enclenche un processus de réparation pour colmater la fuite. Il se formera une agglutination de plaquettes et de substances chimiques jusqu’à ce que cela crée un bouchon (une gale!) qui empêchera la fuite du sang. Tout est réglé au quart de tour afin que règne l’équilibre; l’homéostasie. Cet équilibre est tel qu’il est considéré que la plupart des maladies sont causées par un déséquilibre homéostatique. Nous savons tous que si le système digestif ne fonctionne pas bien ou que si le système respiratoire ne va pas bien, il aura un impact sur tous les autres systèmes. Je ne veux pas vous donner un cours d’anatomie ici, mais l’interrelation entre chaque constituant n’est pas sans rappeler la planète et ses êtres vivants. Éliminez les abeilles et c’est la cata! Elles sont responsables de 70% de la pollinisation, laquelle est essentielle pour les cultures.

Dans le parc Yellowstone aux États-Unis, l’extinction du loup a perturbé l’équilibre naturel pendant 70 ans. La réintroduction de 14 loups a complètement modifié l’écosystème jusqu’à modifier la rivière et le panorama! Si vous avez quelques minutes, je vous invite à visionner la première vidéo sous-titrée (mauvaise traduction). Si vous avez une heure, je vous encourage à visionner la 2e vidéo en français.

Mauvais sous-titrage français.

Imaginez si d’éliminer les loups peut déséquilibrer un écosystème et même le panorama, ce que les pesticides peuvent créer comme déséquilibres. Nous humains avons tendance à oublier les multiples interrelations entre tout. L’impact d’un barrage. L’impact de ramener une tortue de Floride, laquelle est porteuse d’une maladie. L’impact de nourrir les oiseaux migrateurs à l’automne, lesquels partent généralement quand il n’y a plus rien à manger.

Le plus impressionnant dans tout cela et c’est ce que je retiens de plus important. Tout le fonctionnement complexe de notre corps s’opère TOUT SEUL, sans que vous n’ayons à nous en occuper. Notre corps y arrive même quand nous le nourrissons mal, trop ou pas assez, pendant un certain temps. Il travaille sans relâche, mais sans que nous ayons à lui dire quoi faire. Il est clair que si nous connaissions tous ses défis, nous en prendrions plus soin, mais pourquoi en serait-il autrement de la nature et de notre planète?

Comme l’humain veut tout contrôler et tout détruire, il se voit aux prises avec des problèmes engendrés par ses actions. Un problème en entraînant un autre et ainsi de suite jusqu’à ce que nous ne sachions plus comment rétablir cet équilibre qui était pourtant naturel. Ne vous occupez pas de votre pelouse pendant un certain temps et vous verrez la nature reprendre ses droits. Des plantes médicinales pousseront sous vos yeux sans que vous ne les ayez plantées! N’est-ce pas formidable et magique?

Nous avons ici et maintenant la possibilité de repenser nos choix de vie, de réfléchir à nos besoins véritables et de nous poser quelques instants afin de regarder cette nature avec un regard nouveau.

Si nous arrivons à vivre nos quotidiens sans même penser au travail constant de tout ce qui compose notre forme humaine (nos cellules, nos organes, nos systèmes, aux échanges de minéraux, vitamines, nutriments, etc.) peut-on comprendre que nous n’arriverons JAMAIS à modifier de manière importante la nature sans affecter tout plein d’autres choses.

Quand je regarde tout ce qui se passe à l’échelle planétaire, je ne peux m’empêcher de penser que la planète tente d’enrayer un de ces plus gros problème; nous. Si on découvre une personne qui vient de se faire agresser, on ne continue pas de l’agresser. On tente de la protéger, de la soigner, de l’aimer encore plus pour apaiser ses souffrances. Ne serait-il pas temps d’en faire autant avec notre planète?

Toutarmonie