Notre corps est une planète

J’ai commencé depuis peu un cours en ligne de 300 heures d’anatomie et physiologie humaines en complément de mes études d’herboristerie. Quand j’ai reçu mon livre, j’étais un peu impressionnée par sa taille et la quantité d’informations qui s’y trouvait. En le feuilletant, je devenais de plus en plus fébrile à l’idée d’enrichir mes connaissances sur ce sujet important. À moins de travailler dans le domaine médical, nous connaissons très peu de choses sur notre propre corps et son fonctionnement. Peut-être le respecterions-nous davantage si nous en connaissions tous les rouages! Nous protégeons les chiens et les chats, mais nous maltraitons nos formes!

Le corps humain et son fonctionnement sont hallucinants! Chaque organe a un rôle a jouer, mais également chaque partie, chaque cellule, travaillent avec le reste de notre formidable véhicule. Par exemple, nous avons des thermomètres intégrés et si la température de notre corps s’élève, un mécanisme se déclenche afin de rétablir l’équilibre. Si vous vous coupez un doigt, votre corps constate qu’il y a rupture d’un vaisseau sanguin. Il enclenche un processus de réparation pour colmater la fuite. Il se formera une agglutination de plaquettes et de substances chimiques jusqu’à ce que cela crée un bouchon (une gale!) qui empêchera la fuite du sang. Tout est réglé au quart de tour afin que règne l’équilibre; l’homéostasie. Cet équilibre est tel qu’il est considéré que la plupart des maladies sont causées par un déséquilibre homéostatique. Nous savons tous que si le système digestif ne fonctionne pas bien ou que si le système respiratoire ne va pas bien, il aura un impact sur tous les autres systèmes. Je ne veux pas vous donner un cours d’anatomie ici, mais l’interrelation entre chaque constituant n’est pas sans rappeler la planète et ses êtres vivants. Éliminez les abeilles et c’est la cata! Elles sont responsables de 70% de la pollinisation, laquelle est essentielle pour les cultures.

Dans le parc Yellowstone aux États-Unis, l’extinction du loup a perturbé l’équilibre naturel pendant 70 ans. La réintroduction de 14 loups a complètement modifié l’écosystème jusqu’à modifier la rivière et le panorama! Si vous avez quelques minutes, je vous invite à visionner la première vidéo sous-titrée (mauvaise traduction). Si vous avez une heure, je vous encourage à visionner la 2e vidéo en français.

Mauvais sous-titrage français.

Imaginez si d’éliminer les loups peut déséquilibrer un écosystème et même le panorama, ce que les pesticides peuvent créer comme déséquilibres. Nous humains avons tendance à oublier les multiples interrelations entre tout. L’impact d’un barrage. L’impact de ramener une tortue de Floride, laquelle est porteuse d’une maladie. L’impact de nourrir les oiseaux migrateurs à l’automne, lesquels partent généralement quand il n’y a plus rien à manger.

Le plus impressionnant dans tout cela et c’est ce que je retiens de plus important. Tout le fonctionnement complexe de notre corps s’opère TOUT SEUL, sans que vous n’ayons à nous en occuper. Notre corps y arrive même quand nous le nourrissons mal, trop ou pas assez, pendant un certain temps. Il travaille sans relâche, mais sans que nous ayons à lui dire quoi faire. Il est clair que si nous connaissions tous ses défis, nous en prendrions plus soin, mais pourquoi en serait-il autrement de la nature et de notre planète?

Comme l’humain veut tout contrôler et tout détruire, il se voit aux prises avec des problèmes engendrés par ses actions. Un problème en entraînant un autre et ainsi de suite jusqu’à ce que nous ne sachions plus comment rétablir cet équilibre qui était pourtant naturel. Ne vous occupez pas de votre pelouse pendant un certain temps et vous verrez la nature reprendre ses droits. Des plantes médicinales pousseront sous vos yeux sans que vous ne les ayez plantées! N’est-ce pas formidable et magique?

Nous avons ici et maintenant la possibilité de repenser nos choix de vie, de réfléchir à nos besoins véritables et de nous poser quelques instants afin de regarder cette nature avec un regard nouveau.

Si nous arrivons à vivre nos quotidiens sans même penser au travail constant de tout ce qui compose notre forme humaine (nos cellules, nos organes, nos systèmes, aux échanges de minéraux, vitamines, nutriments, etc.) peut-on comprendre que nous n’arriverons JAMAIS à modifier de manière importante la nature sans affecter tout plein d’autres choses.

Quand je regarde tout ce qui se passe à l’échelle planétaire, je ne peux m’empêcher de penser que la planète tente d’enrayer un de ces plus gros problème; nous. Si on découvre une personne qui vient de se faire agresser, on ne continue pas de l’agresser. On tente de la protéger, de la soigner, de l’aimer encore plus pour apaiser ses souffrances. Ne serait-il pas temps d’en faire autant avec notre planète?

Toutarmonie

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Si l’on continue comme ça

Au Québec, la pluie est nettement insuffisante ce dernier mois. J’entends les arbres et toute la végétation agoniser du manque d’eau. Les vinaigriers abondants tout autour de chez moi ont des allures d’automne. Des feuilles jaune vif, rouge, rose et des touffes de feuilles séchées. Justement, au moment où je vous parle, il pleut et cela me réjouit! Cependant ces averses sont souvent de trop courte durée et l’eau ne se rend pas jusque dans le sol. D’ailleurs le temps de vous l’écrire, c’est terminé!

Autres parts dans le monde, il y a des inondations à n’en plus finir et toutes ces perturbations ont de quoi nous faire réfléchir. Le climat affecte toute la planète et menace notre sécurité alimentaire et notre eau potable.

Plus nous nous préparerons à ce qui vient, moins grand sera le choc. Il est bien plus facile de se préparer maintenant que d’être forcé de le faire. « On ne sait plus comment vous le faire comprendre! » nous dit Cyril Dion.

La situation est alarmante. Juste en juillet, on a vu au Groenland 11 milliards de tonnes de glace qui ont fondu en une journée, on a eu un mois de juillet le plus chaud de tous les temps, on voit le permafrost fondre 70 ans plus tôt que ce que les scientifiques imaginaient, on voit que les forêts tropicales commencent à ne plus absorber le CO2, la Sibérie brûle de façon délirante avec la vie sauvage qui va avec, si on continue comme ça, bientôt 500 millions de personnes ne pourront plus vivre là où ils sont. Il faudrait cesser d’utiliser les énergies fossiles (pétrole…). Il faudrait réduire de 50% le nombre de véhicules, manger moins de viande, cultiver localement. On a perdu 60% des populations d’animaux sauvages vertébrés ces 40 dernières années. Les insectes disparaissent 8 fois plus vite.

Nous devons apprivoiser la sobriété. Nos sociétés exigent une croissance constante, acheter plus, vendre plus, bref consommer toujours toujours et encore toujours. Pourtant la situation actuelle exige une décroissance. En résumé, nous devons apprendre à vivre avec moins et devenir de plus en plus autonomes à tous les niveaux localement. J’ajouterais apprendre à être heureux avec peu, ce qui sera sans doute la partie la plus difficile pour une grande majorité.

Je vous laisse écouter cette intéressante entrevue du 8 août avec Cyril Dion à France Inter.

Toutarmonie

Vivement la cohérence!

Je suis en vacances depuis quelques jours et je me plais à savourer chaque minute qui passe. J’observe les lucioles, la pluie qui tombe, mon jardin qui pousse étonnamment vite, j’écoute le chant des oiseaux et mes pensées, tout en laissant monter mon intuition. Les premiers jours, le besoin de changer de rythme dicte mes activités. Coup de fatigue? Pourquoi pas une sieste énergisante, question de recharger ma forme. Puis à vivre les secondes et les minutes, une reconnexion profonde s’installe. Se lever quand ma forme le souhaite, manger lorsque j’ai faim, non pas parce que c’est la pause lunch. Graduellement, la créativité (alimentée par l’intuition) demande à s’exprimer. Quel bonheur!

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En fin de journée, alors qu’un orage se préparait avec de possibles tornades, je réfléchissais à tous ces climats extrêmes. Puis me revint une discussion que j’avais eue le matin avec une blogueuse au sujet de la canicule en France. Je lui parlais de certains champignons qui sécrètent une substance tuant les petits animaux tout autour lorsque l’azote manque. Certains de ces animaux en se décomposant sécrètent de l’azote qu’utilisera ensuite le champignon pour sa survie (à lire dans La vie secrète des arbres). Donc face à la menace de sa mort, certains végétaux s’organisent, alors que d’autres se débarrassent des menaces. De la même manière que nous protégerions nos enfants d’une menace, je crois que la nature tente de se débarrasser de sa plus grande menace; l’Humain. Nous…! La planète, les végétaux, les animaux, l’air, l’eau, les poissons… tous se porteraient mieux sans nous. Exit les parasites! Même quand nous voulons aider, nous trouvons le moyen de foutre le bordel.

J’ai appris récemment que ceux qui nourrissent les colibris en automne en pensant bien faire contribuent à la mort de ceux-ci, car n’ayant pas besoin de chercher à se nourrir, ils ne migrent pas avec les autres et ils se font piéger par le froid et le gel. Ils ne peuvent survivre. Donc en voulant aider, nous pouvons nuire. Est-il si étonnant que notre hôte la Terre tente d’éradiquer la source du problème?

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Quand le mercure grimpe, que les rivières débordent, que les tornades se succèdent, nous accusons Dame Nature, mais est-ce la vraie coupable? Nous représentons une énorme menace. Il est vrai que les essais nucléaires et les entreprises causent plus de dommages que nos émissions polluantes et que tant que les dirigeants politiques et les grosses entreprises ne changeront pas, nos efforts nous sembleront minuscules face à ces horreurs. Cela dit, il est urgent de modifier tout de même nos habitudes. Plus nous le ferons à grande échelle, moins nous serons tolérants face aux grands pollueurs et destructeurs. Je ne parle pas de petits gestes comme d’apporter son sac à l’épicerie, car il me semble que ce genre de geste est évident. Je parle davantage de repenser nos besoins. Je lisais récemment que si nous comprenions le but de nos vies, plus de 90% de ce que nous créons n’aurait aucune raison d’être. Vous pouvez être d’accord ou non avec ce chiffre, mais même si nous remplacions ce 90% par 30%, combien de personnes arriveraient à le faire? Le défi est de taille quand nous voyons encore des courses de Formule 1 dans nos villes! On nous incite à prendre le transport en commun, mais en parallèle, ces mêmes municipalités financent des événements de pollution extrême! Où est la logique dans tout cela? Nous devons exiger de la cohérence de la part de nos dirigeants.

Cet après-midi, je me projetais dans 5, 10 ou 15 ans. Imaginons que le niveau des mers déborde sur nos côtes et inonde de très nombreuses municipalités. Imaginons des virus de plus en plus « virulents ». Imaginons des régions dévastées. Imaginons que la population diminue radicalement. Imaginons que l’eau potable est de plus en plus rare, que les poissons ne peuvent presque plus vivre dans les océans. Imaginons que nous devions nous nourrir qu’avec ce qui pousse dans notre localité. Imaginons que nous avons enfin compris que les OGM et pesticides nous tuent depuis trop longtemps. Je pourrais allonger cette liste, mais imaginons juste cela pour l’instant. En imaginant cela, que changerions-nous aujourd’hui?

Il est temps de nous projeter afin d’effectuer un réel changement.

Je regardais tantôt les photos Facebook d’une amie qui est actuellement à Bora Bora et je n’arrivais pas à taire une voix en moi qui disait qu’avec tout ce que nous savons, nous ne pouvons plus vraiment voyager ainsi pour notre simple plaisir, sans penser aux conséquences. Sans parler que le tourisme transforme tout. J’étais à Bora Bora en 1989, à camper sur le bord du lagon. Aujourd’hui, il y a des maisons sur pilotis partout sur l’île, si bien qu’il y en a même sur les motus. Au nom de l’économie, nous détruisons l’essence même de ce qui nous attirait le plus; la beauté de la nature.

Alors la question que je me posais aujourd’hui, je vous la pose à mon tour. Comment arriverons-nous à comprendre l’urgence de passer à l’action et comment renverser le mouvement de destruction? Comment faire ressentir à cette Terre si précieuse que nous avons compris et que nous nous engageons à changer massivement?

Toutarmonie

Vous connaissez Rob J. Greenfield?

J’ai envie de vous partager une publication récente de Rob J Greenfield. Je l’ai traduite pour vous, mais vous trouverez tous les liens pour en lire plus sur cet homme inspirant. Allez explorer un de ces liens plus bas. Vous serez épatés de l’extraordinaire influence qu’à cet homme en vivant simplement. Comme il vit simplement, il passe son temps à profiter de la vie, mais aussi à aider les autres et à partager ses découvertes. Vous le voyez ici entouré de tout ce qu’il possède.

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Publié le 7 février 2019 sur son compte Instagram

Notre quête de biens matériels consiste souvent à remplir un espace en nous. Une envie de s’intégrer. Une envie d’appartenir à quelque chose. Un désir d’être aimé, admiré ou respecté. Sentir que c’est assez.

Cela peut fonctionner temporairement. Nous pouvons ressentir une certaine reconnaissance, un commentaire, un effet de surexcitation lorsque nous aurons quelque chose de nouveau. Mais ça ne durera jamais, quand c’est basé sur des possessions matérielles. C’est une leçon qui a été apprise un milliard de fois.

Cependant, si nous pouvons apprendre à trouver de la joie dans ce qui est abondamment disponible pour nous tous, alors nous pourrons trouver une joie durable. Nous pouvons éprouver ainsi un profond sentiment d’appartenance, de complétude ayant du sens. La Terre nous fournit ce dont nous avons besoin pour exister d’une manière profondément épanouissante. Si nous pouvons apprendre à apprécier le sol qui se trouve sous nos pas, à admirer le ciel au-dessus de nous, à trouver de la joie dans l’air sur notre peau, à apprécier l’odeur de fleurs s’épanouissant ou de la terre humide, à nous émerveiller des créatures les plus communes, alors nous pouvons raisonnablement espérer à une existence satisfaisante à long terme.

Tous les moments ne se dérouleront pas tous dans une rivière d’une beauté époustouflante. Mais la beauté est présente à chaque instant de notre existence. Il est clair que notre existence dépend autant de notre perception que de notre environnement physique. Même dans une ville sombre, par temps nuageux, les plantes vertes éclatantes percent le béton ou une goutte de pluie tombe miraculeusement sur nos nez ou un flocon de neige virevolte au sol.

C’est pourquoi je n’éprouve pas le besoin de posséder de grosses sommes d’argent. C’est pourquoi je peux me satisfaire en ne possédant que le minimum. Parce que je suis déjà plein. La terre me remplit de ce dont j’ai besoin à chacune de mes respirations et à chaque battement de cils. Évidemment, je ne me sens pas joyeux tout le temps. Loin de là. Et parfois, je veux ce dont je n’ai pas besoin. Je cherche encore à être rassuré, mais grâce à mon parcours durant la dernière décennie, jour après jour, mois après mois, année après année, je suis devenu plus complet en laissant le monde me compléter. Je n’irai jamais aussi loin que je le souhaiterais, mais si je peux constamment regarder en arrière et constater que je suis légèrement plus avancé qu’auparavant, alors j’aurai vécu une vie qui vaut vraiment la peine d’être vécue.

Rob J Greenfield

Vous pouvez lire le texte original anglais sur son compte Instagram: https://www.instagram.com/p/BtjjyAQgGKD/

Son site web: http://robgreenfield.tv/

Sa chaîne YouTube: https://www.youtube.com/channel/UCKirXBZV7hE4Fws3VSdYkRQ

Sa page Facebook: https://www.facebook.com/RobGreenfield

par Toutarmonie

Le hamac

Je vous partage aujourd’hui un texte que j’ai écrit, il y a un an pour un concours de récit. C’est la première fois que je le partage publiquement. J’y raconte ce que je vivais, il y a trois ans. Moment émouvant que je n’oublierai jamais. Je vis ailleurs depuis l’été dernier, toujours en nature, mais encore aujourd’hui, je repense souvent à ses arbres qui m’honoraient de leurs présences, avec une profonde émotion, car ils vivent toujours en moi. Leur empreinte est gravée en moi.

Le hamac

« Tiiiii tiiiii tiiiii tiiiii tiiiii! » Je cherche des yeux la provenance du petit cri répétitif. Entre deux branches, un tamia m’exprime nerveusement la crainte que lui inspire ma présence sur son territoire. La brise légère transporte les effluves humides de la forêt environnante. Suspendue entre deux chênes, au-dessus d’une berge rocheuse, j’inspire et expire en profondeur, question de signifier à mon corps qu’il peut s’abandonner enfin. L’omniprésent murmure de l’eau ruisselant entre les roches me rappelle le ronronnement de mon chat. Je remue mes orteils nus à l’autre bout du hamac en souriant. La couleur de la fine toile me rappelle le lagon de Bora-Bora. Des cris d’oiseaux fusent ici et là. Allongée, je me laisse bercer par cette nature apaisante. La cime des arbres ondule de gauche à droite dans un mouvement hypnotique.

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Une boule se forme dans ma gorge, mes yeux picotent. Je les ferme. Mon bonheur coule sur mes joues et je me surprends à répéter trois fois merci en silence. Un sentiment de liberté généralement associé aux vacances m’habite, pourtant je n’aurai droit à aucune vacance cet été! Où que mon regard se pose n’est que beauté et nature, réalité que je devrai apprivoiser, car je suis ici chez moi.

Un bref instant, je culpabilise de me sentir si bien, seule, loin de ma fille qui vit pour la première fois sans moi à Montréal.

– Tu dois absolument aller à cette entrevue en campagne, maman! Ce travail est fait pour toi. Tu pourras enfin réaliser ton rêve de contribuer au monde de demain et de vivre enfin en pleine nature.

– À quoi bon, puisque tu m’as dit ne pas te sentir prête à vivre seule à Montréal!

– Ne t’occupe pas de cela, maman. Vas-y et on s’organisera ensuite. J’ai quand même 19 ans! Comme tu me le dis toujours, nous trouverons une solution. Tout ce que je sais, c’est que tu dois y aller.

Ce fut rapide. Coup de foudre professionnel.

– Vous pouvez commencer dans une semaine?

– Certainement!

Un grand héron remonte avec élégance la rivière en l’effleurant presque. Il ne m’a pas vue. Je fais partie de ce grand tout. Je me replie en position fœtale. Le tamia poursuit son monologue.

– Maman! Pendant ton absence, j’ai réfléchi et j’ai vraiment envie de trouver des gens qui se cherchent une colocataire.

– Tu es certaine?

– Absolument.

Dès mon retour d’entrevue, nous sommes allées porter notre résiliation de bail, quatre heures seulement avant la fin de la date limite. Les synchronismes s’enchaînaient à une vitesse impressionnante. Pressentant le changement, notre chat est subitement tombé malade, m’obligeant à l’accompagner dans son dernier voyage, trois jours avant mon départ. Je vivrais apparemment seule mon isolement volontaire en forêt. Les émotions fusaient de toutes parts. Pendant quatre mois, je dormirais au bureau et je reviendrais à Montréal trois jours semaine jusqu’à nos déménagements respectifs.

– Maman! Trop cool! J’ai trouvé un appartement génial que je partagerai avec 3 techniciens de son! Nous aurons une salle de musique où je pourrai mettre ma contrebasse et mon piano.

Elle s’organisait très bien sans moi. J’étais émue, fière d’elle, mais aussi troublée. Un tourbillon d’émotions se mélangeait à mes changements hormonaux.

Une petite souris montre le bout de son nez entre les plants de prunelle qui obstruent son passage souterrain. Rapide comme l’éclair, mon chat s’élance de son promontoire rocheux, ratant sa cible de peu. Déçu de n’avoir pu attraper sa proie, il va s’abreuver à la rivière, observe le courant un moment, puis regagne son poste d’observation.

Alors que je logeais encore au bureau, un soir de semaine, j’ai aperçu un chat errant qui s’en allait au loin. Ma fille et mon matou me manquaient.

– Minou, minou?

Il s’est tourné vers moi, ses yeux se sont écarquillés et il a semblé s’exclamer « Ah! C’est toi? ». Comme dans une scène de film au ralenti, il s’est élancé vers moi. Avant que je ne réalise ce qui se passait, il était sur moi, léchant avec frénésie mes oreilles et embrassant ma bouche sans gêne comme si nous nous retrouvions après une trop longue séparation! Nous savions déjà tous les deux qu’un lien précieux venait de se créer entre nous. Nous serions inséparables. Je le sortais de l’errance dont il ne semblait pas vouloir, alors qu’il m’aidait à apprivoiser la fin de ma monoparentalité et cette toute nouvelle liberté.

Assise en tailleur sur la toile légère du hamac, je songe aux ressemblances entre la rivière et la vie qui nous pousse inexorablement vers l’avant. L’eau ne se questionne pas à savoir où elle se retrouvera dans une semaine ou un mois. Elle s’abandonne aveuglément au courant.

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C’est ce que j’ai fait à l’époque en promenant ma jeune vingtaine autour de la planète avec mon sac à dos. Je ne me posais jamais longtemps lorsque je rentrais au pays. Inconsciente de fuir quelque chose, j’étais à la recherche de l’inconnu. Ce n’est qu’en rentrant de France avec mon bébé de 18 mois que j’ai commencé ma véritable quête : la rencontre avec moi-même. Ce petit ange qui dépendait totalement de moi, me forçant à quitter ma vie de nomade, m’avait en réalité permis de me remettre au monde et d’apprendre à aimer celle que je fuyais : moi-même.

Je me suis mise à observer le monde autrement, allant jusqu’à devenir végétarienne une dizaine d’années avant la mode actuelle. Nous vivions une simplicité bien involontaire, afin que je puisse être plus présente pour ma fille qui m’exprimait son besoin de passer plus de temps avec moi. Consciente de l’urgence de changer nos modes de vie, je rêvais de nature, d’autosuffisance et d’un travail qui me permettrait de contribuer à un monde meilleur. Quand je m’imaginais terminer mes projets d’écriture, je me voyais au bord de l’eau, entourée d’arbres. Ne voulant pas priver ma fille de la possibilité de voir son père régulièrement et de poursuivre ses études, je patientais, ayant même accepté de vivre là où nous devions garder les fenêtres fermées en été pour ne pas entendre les avions en approche de l’aéroport.

Mon chat se déplace avec grâce, puis renifle une talle de menthe sauvage, à la recherche de la souris. Cette variété envahissante prolifère près de la rivière. Juste à côté, quelques plants de verge d’or ondulent au vent. Je projette d’en faire sécher à la fin de l’été, car cette plante médicinale est très utile pour traiter les infections urinaires. Je vois maintenant des trésors là où d’autres n’y verraient que mauvaises herbes.

Quel privilège d’enrichir chaque jour mes connaissances en travaillant avec de chevronnées herboristes dans une école d’herboristerie en ligne. Chaque jour, je parle à des passionnés de par le monde qui veulent étudier les plantes médicinales, les faire pousser, les transformer et les utiliser pour une plus grande autonomie au niveau de leur santé et de celle des autres dans leur région. Contribuer à ma façon à retransmettre ce savoir donne un tout nouveau sens au monde de demain dans lequel évolueront ma fille et les générations futures. J’y vois enfin de l’espoir. Il y a tant à faire!

De l’autre côté de la rivière, je vois, sans le distinguer, quelque chose bouger. Un castor ou un lièvre peut-être? Il est impossible de se sentir seule dans la forêt. Les arbres dégagent souvent plus d’énergie que les gens que je côtoyais en ville. Je ferme les yeux et savoure la sensation de bien-être qui m’habite. J’ai encore un peu de mal à réaliser quece bonheur fait désormais partie de ma réalité quotidienne. J’inspire. Merci.new-hammock

Dix mois plus tôt, je me suis arrêtée net devant un étalage de hamacs dans un magasin entrepôt. Très compact, chaque hamac logeait dans un étui plus petit qu’un ballon de football. Il n’en restait qu’une douzaine. Il m’en fallait un. C’était fou. Que ferais-je d’un hamac dans notre appartement de l’arrondissement Saint-Laurent? J’étais figée sur place à fixer les petits paquets turquoise, me voyant déjà allongée dans ce hamac au bord de l’eau, dans un futur chez-moi en nature. Rien ne pressait, car j’étais encore loin de réaliser mon rêve. Pourtant, j’avais la sensation que c’était ce hamac qui me mènerait vers lui. Je l’ai acheté.

Un mois après avoir commencé mon nouvel emploi, avant même de me mettre à chercher un endroit où habiter, une série de synchronismes m’a conduite à une petite maison qui, me disait-on, serait bientôt vacante. Situé en forêt au bord d’une rivière, le terrain était enchanteur. En m’approchant de la berge, j’ai découvert une énorme roche plate entre deux puissants chênes. Dans chacun de leur tronc était enfoncé un énorme crochet argenté, où attendaient des attaches à hamac…

 

par Toutarmonie

Mon moine voulez-vous danser?

Vous connaissez l’expression « l’habit fait le moine »? Expression anodine, mais quand on s’arrête deux minutes pour y réfléchir, cela signifie que sans sa tunique, un moine n’est qu’une personne commune aux yeux de ceux qui le regardent. Le moine a-t-il moins de convictions sans son habit, d’après vous? Vous me voyez venir?

Question d’actualité quotidienne depuis les dernières élections provinciales au Québec, le code vestimentaire! Si vous croyez que je me fou de votre gueule, je vous rassure, il n’en est rien.

Je vous mets en contexte, car si vous vivez en Europe, vous ne savez sans doute pas de quoi je parle, inondés que vous êtes par les gilets jaunes. 😉

Aux dernières élections provinciales, un parti politique différent a connu un vif essor. Il a gagné le cœur des jeunes qui sont enfin sortis voter et plusieurs de leurs candidats se sont retrouvés députés. Québec solidaire est un parti qui encourage les gens à réfléchir en dehors de la boîte et à faire les choses différemment, de manière à ce que nous arrivions enfin à passer à l’action vers un demain plus sain. Moi, j’adore! Ils tiennent des propos intelligents en toute authenticité. Vous devinerez que cela ne plaît pas à tous. Cela dit, je ne suis pas ici pour vous parler de politique, mais de tenue vestimentaire.

En effet, les députés de ce parti siègent au parlement dans des tenues décontractées. Catherine Dorion a fait les machettes à plusieurs reprises parce qu’elle a « osé » se présenter en t-shirt, en camisole, portant des jeans et des DrMartens. (Note aux amis Européens: au Québec, les camisoles ne sont pas destinées aux fous, ce sont des t-shirts sans manches) et son collègue Sol Zanetti a osé se présenter sans l’habit conventionnel, en jeans et en souliers de course.

La chef de ce parti préférerait qu’on parle d’environnement, plutôt que de la tenue de ses collègues. Bien dit! À cela, il y en a pour les traiter d’hypocrites, car ils provoqueraient par leurs tenues non conventionnelles!

Bon, là j’arrive au sujet qui m’inspire ce soir: les vêtements.

Le conjoint ingénieur d’une amie enseignait au niveau supérieur durant les dernières années. Récemment, il a eu une importante promotion et il a maintenant un poste de cadre à cette institution scolaire, en lien avec des gens du gouvernement. Du jour au lendemain, j’ai vu son apparence changer du tout au tout. De tenue décontractée, il a dû se munir du costume traditionnel, habit, chemise, boutons de manchettes, chaussures cirées, manteau « propre » (non pas que l’autre était sale). Il trouve lui-même cela ridicule et il a essayé de faire son travail sans l’habit, mais personne ne le prenait au sérieux. Ainsi donc, l’habit rendrait l’homme (ou la femme) plus intelligent, vous ne le saviez pas? La première fois que je l’ai croisé avec son habit, j’ai dit à la blague « oh monsieur, pardon!!! » l’effet visuel était saisissant, je dois l’admettre. Cependant, tout comme vous, j’ai vu Donald Trump en habit de très nombreuses fois et pourtant, ses propos ne sont pas plus intelligents que s’il était nu!

N’est-ce pas là la plus grande hypocrisie? Sommes-nous à ce point naïfs de croire que l’habit, le costume ou l’uniforme a plus d’importance que la personne qui le porte? Suffit-il vraiment d’une tunique pour qu’un homme devienne un moine? Un homme peut être le pire des pédophiles, mais s’il porte un habit, il sera plus respecté que le plus adorable des hommes en jeans et t-shirt! Pourtant, dans le monde du showbizz, nous acceptons  sans problème qu’un chanteur très connu et fortuné se présente sur scène en tenue décontractée. Où est la logique?

J’ai été moi-même agente d’artistes-peintres pendant quelques années et ce n’est qu’en portant des vêtements griffés, accessoires assortis, que j’avais l’attention des galeristes. Je n’étais pas plus fortunées, mais cette apparence de fortune suffisait pour qu’on me respecte et m’écoute. C’était d’un ridicule qui me donnait des hauts le cœur.

Revenons à nos jeunes députés qui n’ont que faire des jugements des gens et qui défient chaque jour les « conventions » en s’habillant comme ils le souhaitent. J’y vois là l’attitude d’une génération très consciente que pour changer, il faut cesser de faire comme tout le monde. Il faut penser en dehors de la boîte. J’y vois beaucoup d’espoir. Je pense que ceux qui se sentent menacés par l’abolition des codes vestimentaires sont ceux qui ont besoin de se donner de la prestance avec des artifices plutôt que de miser sur ce qu’ils ont réellement dans le ventre et le cœur. Je pense que nous serions étonnés de voir ce qui se cache sous le masque vestimentaire de ceux qui nous entourent. Pourquoi donnons-nous autant d’importance à quelques bouts de tissus?

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D’ailleurs, l’uniforme, comme son nom l’indique, uniformise les gens. Quand je regarde ces jeunes de plus en plus nombreux à repousser les « conventions », à prendre le temps de réfléchir avant de gober ce qu’on leur dit et de se respecter dans leurs choix, je me dis qu’il y a peut-être plus d’espoir qu’on ne le pense.

Toutarmonie

Je m’engage

La planète va de plus en plus mal, nous le savons tous. Chaque jour nous apporte des nouvelles démontrant que les climats changent.

Cela engendre des tornades, des pluies diluviennes, des records de chaleur ou de froid, de la neige où il n’y en avait pas et des insectes tropicaux là où ils ne pouvaient vivre autrefois, des inondations impressionnantes ( ce matin j’apprenais que des vagues immenses ont arraché des balcons des 3 premiers étages d’un hôtel aux Canaries), de puissants séismes presqu’au quotidien, la disparition d’espèces animales , des incendies dévastateurs, des récoltes dévastées, des maladies nouvelles. Bref, notre planète se meurt sous nos actions et inactions, elle souffre à coups de pesticides et de chimique, elle se liquéfie.

On nous le répète depuis longtemps, mais devant l’ampleur de ces constations grandissantes, devant le nombre grandissant de la population mondiale et de ses « besoins » et déchets, l’inertie semble majoritairement présente.

Au Québec, un regroupement d’artistes et de personnalités s’est mobilisé pour interpeller le peuple à agir en signant un pacte. Tout le monde sait que Paris ne s’est pas construit en une nuit. Les gestes aussi petits soient-ils sont les bienvenues. À ce jour, plus de 212 000 personnes ont signé le pacte. Ils trouveront sur leur site des idées, mais surtout on demande aux gens de faire des changements. De repenser leurs choix. De refléchir avant d’acheter des produits qui ne respectent pas ce mouvement de changements essentiels.

Déjà depuis le début de ce pacte, vous n’imaginez pas les discussions que cela a engendré. Je trouve cela génial, parce que c’ est en en parlant que nous avancerons, pas en nous voilant les yeux.

Où que vous viviez, je vous invite à vous joindre à moi en signant ce pacte ICI.

Soyons le changement que nous espérons.

Toutarmonie

Pendant que la nature se transforme

Vous me manquez! Déjà presque 7 mois que je ne suis pas venue m’entretenir avec vous. Je ne cesse de m’étonner de la rapidité à laquelle passe le temps. Un vie, c’est un claquement de doigt, sans plus.

Depuis la dernière fois, j’ai vécu 2 déménagements, le mien et celui du bureau, en pleines canicules (oui un « s » car il y en a eu plusieurs). En fait, l’été au complet me semble avoir été une canicule. À trois reprises, j’ai reçu des avis de tornades sur mon cellulaire. La dernière fois, j’en ai reçu 5 en une heure et de fait, pas très loin d’ici, 6 tornades ont fait d’énormes dommages. Je m’enfermais seule avec mes 2 chats dans la pièce centrale (la toilette) en attendant que cela passe. Nous avons eu des climats tout simplement tropicaux qui parfois faisaient de la buée sur l’extérieur des fenêtres des maisons. Aujourd’hui, j’ai cueilli des framboises! Depuis le 2 octobre que j’en récolte, dans ces mêmes plants qui ont donné une récolte en juillet. La chaleur faisait mûrir trop vite les fruits et avant que je n’ai pu les cueillir, un ours a piétiné plusieurs de mes framboisiers. Des framboises en octobre, moi je n’avais jamais vu cela. Elles sont plus grosses, plus savoureuses et plus juteuses qu’en été. Un délice!

On n’a pas fini d’être étonnés des changements que le réchauffement climatique apporte. Cela dit, ça commence à sentir l’hiver. Tout est enfin prêt. À mon nouveau chez-moi, je vois beaucoup de cerfs de Virginie. Un pur bonheur! Je les prenais pour des chevreuils, mais les chevreuils n’ont pas de queue et mes visiteurs ont une formidable queue blanche qui se dresse lorsqu’ils courent. (Faux! Cerfs et chevreuils seraient des synonymes.) Samedi matin, deux jeunes gracieux cerfs m’ont salué lorsque j’ai ouvert les rideaux et une gélinotte huppée sautillait sur place derrière la maison. J’adore les weekends très venteux d’octobre parce que ça semble éloigner les chasseurs que je trouve très agressants. Me faire réveiller par des tirs à 6 h 30 du matin, ça me met toute à l’envers. Je souhaiterais inviter tous ces animaux à se réfugier chez moi, mais même ici, je ne crois pas qu’ils seraient à l’abri de ces gens peu respectueux. Il semblerait que même la maladie débilitante chronique du cerf ne fait pas peur aux chasseurs.

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J’habite tout près d’un parc national et donc je vois de nombreux animaux. Il y a une telle variété d’oiseaux chez-moi que de mon hamac de salon, face à mes grandes fenêtres, je n’ai qu’à attendre un peu avec mes jumelles et je fais de superbes découvertes. La nuit, quand j’éteins toutes les lumières intérieures, c’est noir encre, car il n’y a aucune lumière aux alentours. En juin, j’avais droit à un formidable ballet de lucioles. J’en avais les larmes aux yeux tant cela était magnifique. En août, ce furent les Perséides qui m’ont offert un spectacle digne du planétarium.

À mon arrivée ici, il m’a fallu quelques semaines pour découvrir d’où provenait un puissant cri nocturne. Un cri effroyable à glacer le sang. J’ai d’abord cru à un oiseau de proie, mais j’ai finalement découvert que c’était le cri d’une renarde. Si vous ne savez pas de quoi je parle, je vous invite à cliquer ICI et d’écouter ce que ça donne. J’ai trouvé cela sur le web, car mes enregistrements n’étaient pas très bons. Ses cris peuvent durer plus d’une heure. Assez particulier, surtout quand on ne sait pas ce que c’est et que cela résonne en écho.

Les premiers flocons sont tombés depuis 4 jours. Les feuilles colorées se mettent à tomber et les insectes au ralenti semblent drogués. La nature se transforme pour faire place à l’hiver. Les gens sont plus fatigués, parce que le corps aussi se prépare à l’hiver. Il demande de ralentir, ce que nos vies acceptent mal. Manger selon les saisons, vivre au rythme des saisons, n’est pas encouragé dans nos sociétés. Pourtant, la nature nous parle et nous guide.

Je vous dis à bientôt, car je devais être de retour plus assidûment.

Toutarmonie

L’adaptation au changement, un besoin essentiel

Cette photo fut prise très tôt un matin de la semaine dernière, où je devais exceptionnellement aller travailler à Montréal à une grande exposition. Le panorama était magnifique!

Cette route d’où jaillit une lumière me fait penser à la vie. Nous avançons vers quelque chose de lumineux, du moins l’espérons-nous. Nous n’avons pas de livre d’instructions ni de plan à suivre. Le seul guide que nous ayons est notre précieux ressenti, lequel est connecté à quelque chose de plus grand que nous. Nous ne connaissons pas à l’avance les sorties à prendre et lorsque nous sortons, nous ne savons pas combien de temps nous nous y attarderons. Un jour, nous savons tout simplement que nous devons reprendre la route.

Sans doute est-ce là tout le charme de la vie. Si nous savions tout à l’avance, où serait l’intérêt? Le but n’est pas du tout la destination finale, mais le voyage. Je pense que l’étape suivante à cette vie sera d’autant plus intéressante que notre bagage d’expériences et de connaissances sera bien rempli.

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Malgré tout, l’Humain cherche à se sécuriser, il demande des garanties, il s’accroche quand il craint ne pas pouvoir trouver mieux. Il a peur du changement. Est-ce dans notre nature? Je ne le crois pas. Je pense que la société telle qu’elle existe nous le fait croire, afin de mieux nous faire avaler son contrôle sur nous.

L’Humain a des ailes, mais il les utilise si peu souvent qu’il en vient à les oublier. Quand dans sa vie, il ose les déployer, il passera possiblement le reste de sa vie à revivre ce moment unique. Il y a fort à parier qu’il n’osera pas souvent ainsi dans sa vie. Nos vies sont pourtant faites de rencontres, de départs, de débuts, de fins, de recommencements, mais l’élément qui nous permet d’être heureux et de nous enrichir de nos expériences est notre adaptabilité au changement. Si l’on refuse le changement, on ferme des portes intérieures. Accepter le changement, c’est aussi ce qu’on appelle le lâcher prise.  Pour accepter de changer, il faut savoir laisser quelque chose derrière, avec la confiance profonde que ce qui vient sera encore mieux. Nous ne laissons pas toujours des choses ou des gens que nous n’aimons pas. C’est même souvent le contraire.

J’ai la certitude que si je n’avais pas eu cette facilité au changement dans ma vie, je n’aurais pas pu vivre le quart de tout ce que j’ai vécu à ce jour. Il faut aussi pour cela être imperméable aux gens qui tentent de nous dissuader de changer, de partir ou d’évoluer. Plus nous acceptons le changement, plus la vie nous donne.

J’avoue cependant que cela n’est pas toujours facile. Pour une raison que j’ignore, il arrive parfois qu’on refuse d’accepter, mais cela ne nous apporte généralement rien de bon.

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Je vous écris cela parce que je ressens depuis l’automne que je vais déménager. J’ai résisté longtemps à officialiser la chose, ne sachant pas encore où j’allais, mais je sais aussi que c’est lorsque nous passons à l’action que les synchronismes s’enchaînent. C’est donc officiel depuis mercredi dernier, même si je ne connaissais pas la suite. Malgré mon habileté au changement, j’ai passé 3 jours sur 4 du long weekend de Pâques à apprivoiser le fait que j’allais quitter ce coin de nature que j’adore. Il faut savoir faire le deuil de quelque chose pour se permettre d’apprécier ce qui s’en vient et ouvrir nos portes intérieures.

Déjà, les synchronismes et les signes se succèdent me permettant de voir ce que la vie me réserve pour la suite… Du grand vol plané comme c’est souvent le cas lors de périodes de changements. Du lâcher prise à l’état pur. Je vous dirai simplement à suivre…

Toutarmonie